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La culture emploie quatre fois plus de Parisiens que les autres secteurs 

La Comédie française, à Paris

La Comédie française, à Paris - Daderot wikimedia commons cc

Selon une étude de l'Insee, la moitié des salariés du secteur de la culture travaille en Ile-de-France. Quelque soit leur localisation, les emplois culturels sont, en moyenne, bien plus précaires.

La culture, un secteur bobo parisien? Ce cliché est en partie confirmé par le dernier numéro d'Insee Première. L'institut y analyse l'emploi culturel, en se basant notamment sur le recensement de la population de 2013.

L'étude constate que la culture emploie 691.365 personnes, soit 3% des emplois totaux de l'économie. C'est 1,8 fois plus de personnes qu'en 1991. "Cette croissance trouve peu d’équivalents dans le reste de l’économie, sauf dans les emplois à domicile ou l’informatique", relève l'Insee.

Autre constat: les emplois culturels sont plus précaires que les autres. En effet, 28% sont non salariés (indépendants), une proportion deux fois plus importante que pour l'ensemble de l'économie. La proportion de non salariés atteint 45% dans l'architecture, et dépasse même 70% dans les arts visuels, les arts plastiques, la photographie et le design.

Mais l'instabilité touche aussi les salariés, qui occupent en moyenne deux postes différents dans l'année. Et même trois postes différents dans l'année pour les salariés du spectacle vivant ou de l'enseignement culturel.

La moitié en Ile-de-France

Enfin, et non des moindres, les emplois culturels sont très concentrés en Ile-de-France (52,4% des salariés culturels), et même à Paris (29,4% des salariés culturels). Pour l'Insee, "si Paris rassemble une part importante des emplois culturels, ce n’est pas uniquement dû à sa taille. Ramenés à l’ensemble des emplois du territoire, il y a également davantage d’emplois culturels à Paris qu’en moyenne: 7,9 % contre 2,0 %".

Certains domaines sont particulièrement concentrés. Ainsi, l'Ile-de-France représente 72% des salariés de l'audiovisuel et du multimédia. Pour l'Insee, cela "renvoie à l’histoire de la radio et de la télévision qui se sont développées près des lieux de pouvoir". Les emplois dans le patrimoine sont aussi très franciliens, ce qui "s’explique par la forte présence de monuments dans la capitale et par l’ancienneté de la politique culturelle française qui, de la royauté à la république, a longtemps privilégié Paris". Enfin, "les éditeurs de livres sont avant tout franciliens, parisiens et même germanopratins".

En revanche, le spectacle vivant, l'architecture ou l'enseignement culturel sont plus équitablement répartis sur le territoire.