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L'interview qui tue: déjà 18 millions de dollars de recettes en une semaine

Le film aurait engrangé 20 millions de dollars de recettes avec une sortie classique.

Le film aurait engrangé 20 millions de dollars de recettes avec une sortie classique. - Sony Pictures

La comédie mettant en scène l'assassinat de Kim Jong-un a été diffusée sur internet et dans des cinémas indépendants, où elle a engrangé presque autant de recettes qu'avec une diffusion classique en moins d'une semaine.

La comédie potache L'interview qui tue pourrait-elle devenir un modèle de la diffusion en ligne, après avoir été au cœur d'un conflit géopolitique? Le film a généré plus de 15 millions de dollars de recettes en ligne et 2,8 millions de plus dans les salles de cinéma où il est sorti jeudi 25 décembre, a annoncé dimanche 28 décembre le groupe Sony.

La comédie, dénoncée par la Corée du Nord et à l'origine de l'attaque informatique dont a été victime le studio Sony Pictures a été achetée ou louée en ligne plus de deux millions de fois lors des quatre premiers jours de son exploitation. Jamais un film produit par Sony n'avait connu un tel succès en téléchargement ou en vidéo à la demande.

La comédie, qui relate les aventures de deux journalistes recrutés par la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a été mise en ligne mercredi dernier sur YouTube, Google Play et d'autres plateformes de VOD (vidéo à la demande), alors que sa diffusion avait d'abord été annulée après une attaque informatique contre Sony Pictures. Apple a annoncé dimanche qu'il était désormais en accès via iTunes.

2,8 millions de recettes grâce aux salles indépendantes

Le film, que les grandes chaînes d'exploitants ont refusé de diffuser, est également sorti le jour de Noël dans quelque 331 salles du réseau indépendant, moins de 10% du nombre d'écrans initialement prévus aux Etats-Unis et au Canada.

Au final, avec 17,8 millions de dollars tous supports confondus, la comédie n'est pas loin des recettes qu'une exploitation commerciale classique aurait pu rapporter - le site Boxoffice.com estime qu'en temps normal, le film aurait tourné autour des 20 millions de dollars de recettes sur les quatre premiers jours de son exploitation en salles.

Des objectifs atteint "d'une manière totalement différente"

"C'est un chiffre énorme", estime Jeff Bock, spécialiste du box-office chez Exhibitor Relations. "On est presque au niveau de ce que ce film aurait fait s'il était sorti normalement. Il a presque atteint les objectifs mais d'une manière totalement différente."

Une semaine plus tôt, Sony Pictures avait pourtant décidé d'en suspendre la diffusion à la suite de la plus grave cyberattaque jamais subie par une entreprise américaine. Le studio pourrait au final créer la sensation dans un tout autre domaine: en bouleversant la chronologie classique des médias.

Un budget initial de 44 millions de dollars

Car L'Interview qui tue, décidément un film au destin bien particulier, est désormais un test grandeur nature d'une sortie simultanée en VOD et dans les salles, un sujet tabou pour les exploitants de cinémas qui veulent conserver l'avantage lié à la diffusion en exclusivité d'une oeuvre.

"Il sera intéressant de voir à quelle vitesse le secteur va s'orienter vers ce genre de sorties", note Jeff Bock, d'Exhibitor Relations. "Il y a de l'argent que les studios n'ont plus nécessairement besoin de partager avec les chaînes de cinéma et ce n'est pas rien, cela pourrait bouleverser les choses", ajoute-t-il.

Le film, dont les acteurs Seth Rogen et James Franco se partagent l'affiche, a été produit pour 44 millions de dollars, auxquels il convient d'ajouter 30 voire 40 millions de dollars de dépenses liées au marketing.

J.S. avec Reuters