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L'État veut éviter que le chinois JinJiang s'empare d'AccorHotels

"Le gouvernement tenterait de freiner la montée du groupe chinois dans le capital du champion hôtelier tricolore, selon le Figaro. L'État cherche notamment à obtenir de JinJiang des garanties sur son niveau de participation, actuellement à 15%."

AccorHotels va-t-il passer sous pavillon chinois? La question semble incongrue mais elle se pose de plus en plus. Le groupe JinJiang monte en effet doucement mais sûrement dans le capital du géant tricolore de l'hôtellerie. La semaine dernière, il a dépassé le seuil des 15% du capital.

Et bien que le deuxième groupe hôtelier chinois ait assuré à l'Autorité des marchés financiers ne pas vouloir prendre le contrôle d'AccorHotels, ses ambitions seraient encore grandes. Selon le Figaro il compte arriver jusqu'à 29% du capital, pour éviter les 30% qui l'obligeraient à lancer une OPA sur le groupe.

Il aurait en ce sens fait une offre au fonds Colony Capital et à la société d'investissement Eurazeo qui détiennent 11% du groupe. Les deux entreprises ne seraient toutefois pas prêtes à céder leurs parts.

Le PDG d'AccorHotels, Sébastien serait néanmoins "très malheureux de la présence des Chinois à son capital et fait tout pour les empêcher de prendre le contrôle", selon un de ses proches cités par le Figaro. Il aurait ainsi convaincu Colony Capital et Eurazeo de ne pas céder. De plus, l'appétit de JinJiang inquiète les pouvoirs publics.

Obtenir des garanties

Selon le Figaro, le cabinet d'Emmanuel Macron prend part aux discussions qui existent entre Sébastien Bazin, le PDG du groupe, les autorités chinoises et JinJiang. Le Quai d'Orsay surveillerait également de près les débats et François Hollande a "été sensibilisé" au sujet. Un proche du dossier explique au quotidien que Paris n'entend pas laisser l'État chinois (JinJiang étant une entreprise publique liée à la municipalité de Shanghai) mener une opération "de prise de contrôle rampant" d'un fleuron du CAC40.

À cet enjeu économique se superposent des défis diplomatiques car il est également hors de question d'entrer en conflit avec Pékin qui pourrait prendre des mesures de rétorsion au niveau de l'accès à son gigantesque marché.

Toujours selon le Figaro, l'État souhaiterait arriver à un accord avec JinJiang qui conditionnerait l'entrée de l'entreprise chinoise dans le conseil d'administration sous certaines garanties, comme un niveau maximal de participation ou des droits de vote dans AccorHotels. Ou encore de limiter l'accès du groupe chinois à l'information stratégique de l'hôtelier. Ce dernier point est particulièrement important quand on sait que JinJiang détient également Louvre Hôtels (Campanile, Première Classse), autre poids lourd du secteur en France.

J.M.