BFM Business

Jean-Bernard Lévy quitte la présidence de Vivendi

Des divergences stratégiques sont à l'origine du départ de Jean-Bernard Levy de la tête de Vivendi.( (© Reuters)

Des divergences stratégiques sont à l'origine du départ de Jean-Bernard Levy de la tête de Vivendi.( (© Reuters) - -

Un conseil d'administration du groupe devrait valider jeudi 28 juin le départ de Jean-Bernard Lévy, président du directoire depuis 2005. Des divergences stratégiques expliqueraient ce départ soudain.

Changement de tête inattendu chez Vivendi. Jean-Bernard Levy devrait quitter son poste de président du Directoire du groupe, qu’il occupe depuis 2005.

De source syndicale, il n'a pas assisté, ce jeudi matin, à un comité de groupe qu'il était censé présider. Stéphane Roussel, le DRH de Vivendi, n'aurait pas pu expliquer cette absence.

Il faut attendre la fin d’un conseil d’administration du groupe, dans la soirée, pour valider ce départ. Jean-Bernard Levy serait remplacé temporairement par Jean-François Dubos, le secrétaire général du groupe.

Une divergence fondamentale sur le périmètre du groupe

Ce départ s’expliquerait par un désaccord fondamental l'opposant Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance. Lévy serait pour la continuité de la stratégie de Vivendi, un conglomérat présent aussi bien dans les télécoms que dans les médias ou les jeux vidéo.

Fourtou lui, est plutôt en faveur d'une révision totale du périmètre d'activité du groupe : vente du géant des jeux vidéos Activision, ou encore création d'un pôle télécoms et d'un pôle contenus.

Le destin de SFR est un autre point de désaccord. Après le chamboulement entraîné par l'arrivée de Free dans le mobile, Jean-Bernard Levy serait pour des suppressions d'emploi rapides. Jean-René Fourtou, lui, voudrait y aller beaucoup plus doucement, pour ménager les organisations syndicales. L'avenir de l'opérateur est marqué d'un point d'interrogation.

L’annonce du départ du patron de Vivendi a réjoui la bourse de Paris où le titre affichait la plus forte hausse du CAC. A 16h53 le titre atteignait 14,13 euros, soit une hausse de plus de 5 % .

Retour sur une aventure de 10 ans au sein de Vivendi

Jean-Bernard Lévy a été l’artisan du redressement du groupe. Son action s’est appuyée sur deux axes majeurs. D’une part, il a tenu une stratégie basée sur le modèle de l'abonnement, qui garantit des revenus récurrents. C’est fut le cas des forfaits mobiles avec SFR ou Maroc Télécom, des abonnements télé avec Canal+, ou encore des jeux en ligne, avec le blockbuster World of Warcraft. 

Levy a aussi procédé à des investissements tous azimuts. C'est sous sa direction que Vivendi a racheté Activision pour 19 milliards de dollars, permettant au groupe de devenir le numéro un mondial du jeu vidéo. Au Brésil, il a rachèté GVT, surnommé le "Free brésilien", qui est devenu un joyau dans la galaxie Vivendi, avec des taux de croissance flamboyants.

Anthony Morel et BFMbusiness.com