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Hermès prêt à racheter les parts de LVMH au sein de son groupe

Hermès serait prêt à racheter les parts de LVMH pour faire sortir le géant du luxe de son capital.

Hermès serait prêt à racheter les parts de LVMH pour faire sortir le géant du luxe de son capital. - -

Hermès s'est déclaré, lundi 3 juin, ouvert à un rachat des parts de sa maison détenues par LVMH, pour faire sortir le groupe de son actionnariat. Le géant du luxe était entré au capital de la maison concurrente à la surprise générale en 2010.

Hermès réfléchit à des "scénarios" de sortie de LVMH. Avec ces déclarations, lundi 3 juin, la maison de luxe affiche sa sérénité face au leader du secteur, soupçonné d’avoir orchestré en secret son entrée à son capital en 2010.

Une amende de 10 millions d’euros a d'ailleurs été requise par l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans cette affaire la semaine dernière.

"Nous sommes satisfaits que l'enquête de l'AMF confirme l'opinion d'Hermès, à savoir que LVMH est entré dans le capital de Hermès de manière frauduleuse. Nous sommes très confiants sur le fait que LVMH soit condamné", a déclaré Patrick Thomas, le patron d’Hermès.

L’amende reste "sans commune mesure avec la plus-value indue réalisée par LVMH", estimée "à plus d’un milliard d’euros", précise le dirigeant.

LVMH pourrait vendre sa participation dans Hermès

Lors de son audition devant l’AMF vendredi 31 mai, le vice-président de LVMH, Pierre Godé, n’avait pas exclu de revendre ses parts. La famille Hermès détient à l’heure actuelle 72% du capital de sa société, contre 22,6% pour LVMH.

Patrick Thomas interprète l’évocation de ce scénario comme une possible "déclaration de sortie". Hermès serait ainsi prêt à racheter les parts de LVMH au sein de la société.

"Nous ferions alors tout ce que nous pourrions pour que le processus de désengagement se fasse dans le respect des intérêts de la société et de ses valeurs, de ses salariés et de ses actionnaires", a insisté le dirigeant.

La maison de luxe ne se contente pas pour autant d’une simple amende. Hermès a également lancé une action en justice contre LVMH, pour délit d'initié et manipulation de cours, deux griefs non retenus par le collège de l'AMF. Une information judiciaire est toujours ouverte.

"Nous concentrons aujourd'hui nos efforts sur la procédure pénale qui tend à faire déclarer frauduleuses les opérations réalisées par LVMH sur les titres Hermès", martèle Patrick Thomas. "Le but ultime d'Hermès est de faire annuler la conversion des swaps (contrats de produits financiers dérivés) qui ont permis à LVMH d'acquérir 12% d'Hermès".

Romain Fonsegrives avec AFP