BFM Business

Hermès, Kering, LVMH… Le luxe français en grande forme malgré les tensions internationales

Après LVMH et Hermès, le groupe Kering vient de publier de solides résultats au troisième trimestre. Ses ventes ont progressé de 14,2%, portées par son fleuron Gucci et le marché chinois.

Face aux tensions géopolitiques internationales, et en particulier la crise à Hong Kong, le luxe français fait mieux que résister et affiche toujours une croissance exceptionnelle. Tour d'horizon des performances des champions français LVMH, Kering et Hermès, qui viennent de publier leurs résultats pour le troisième trimestre. 

Kering : toujours tiré par sa locomotive Gucci

Au troisième trimestre, les ventes de Kering ont progressé de 14,2% sur un an, à 3,88 milliards d'euros, le groupe de luxe continuant d'être porté par la croissance, certes moins forte, de son fleuron Gucci (+13,3% de chiffre d'affaires sur un an) ainsi que par ses performances dans la région Asie Pacifique (+17% pour les ventes au détail en comparable), en dépit d'une situation géopolitique tendue à Hong Kong.

"Face à un environnement mondial de plus en plus complexe, nous sommes pleinement confiants dans notre capacité à réaliser des performances soutenues dans la durée", a souligné jeudi 24 octobre dans un communiqué François-Henri Pinault, PDG du groupe dont le chiffre d'affaires trimestriel est conforme aux consensus établis par les agences Factset et Bloomberg.

Pour les mois de juillet, août et septembre, la croissance du chiffre d'affaires - en ligne avec les attentes - connaît cependant un ralentissement: la progression en comparable (c'est-à-dire à périmètre et taux de changes constants) est de 11,6%, contre 17,5% au premier trimestre et 13,2% au deuxième trimestre de l'exercice. "Nos performances, au-delà des impressionnantes bases de comparaison établies ces deux dernières années, sont saines et bien équilibrées entre nos différentes maisons", s'est félicité le PDG François-Henri Pinault dans un communiqué.

Hermès : les ventes bondissent grâce à l'Asie

La croissance d'Hermès a également accéléré au troisième trimestre, avec des ventes dépassant les 1,73 milliard d'euros notamment grâce à la Chine où la dynamique du groupe de luxe ne se dément pas. Pour les mois de juillet, août et septembre, le sellier-maroquinier voit son chiffre d'affaires progresser de 18,2% sur un an en données publiées (+15% à taux de changes constants), selon un communiqué diffusé jeudi.

Une performance très solide après des progressions de chiffre d'affaires sur un an aux trimestres précédents, toujours à taux de changes constants, de 12,3% (T2 2019), 11,6% (T1 2019) 9,6% (T4 et T3 2018) et de 11,6% (T2 2018). 

Le directeur financier, Eric du Halgouët, a mis en avant "une croissance exceptionnelle au troisième trimestre" et une "progression à deux chiffres dans toutes les régions du monde", lors d'une conférence téléphonique. En Asie hors Japon, le chiffre d'affaires du groupe grimpe de 21,8% à taux de changes constants (après +18,6% au deuxième trimestre). 

"Malgré l'impact des événements à Hong Kong, nous avons une performance remarquable de la Chine continentale" où il "n'y a pas de rupture de tendance", a-t-il souligné. Concernant plus précisément Hong Kong, touchée par d'importantes manifestations pro-démocratie depuis plusieurs mois, "Hermès est resté en croissance sur les neuf premiers mois de l'année grâce à notre fort ancrage auprès de la clientèle locale, même si l'activité a fléchi et qu'il y a eu quelques jours où nous avons dû fermer nos magasins", a précisé le directeur financier.

Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes totalisent 5,012 milliards d'euros, soit une progression de 13% à taux de changes constants. Hermès ne donne pas d'objectifs chiffrés, mais il indique qu'"à moyen terme, malgré le renforcement des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde, le groupe confirme un objectif de progression du chiffre d'affaires à taux constants ambitieux". Au cours du premier semestre de l'exercice, le sellier-maroquinier avait atteint une marge opérationnelle courante de 34,8%, soit très proche du niveau record de 34,9% atteint lors des six premiers mois de 2018.

LVMH: solide numéro un mondial

Enfin, LVMH bénéficie toujours d'une croissance au beau fixe. Le numéro un mondial du luxe avait publié début octobre d'excellents résultats pour le 3e trimestre. LVMH a enregistré une progression de 17% en données publiées et de 11% (en ligne avec le premier semestre) en données organiques, à taux de changes et périmètre constants. LVMH a ainsi généré 13,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires de juillet à septembre. 

Un chiffre d'affaires qui était nettement supérieur aux consensus établis par les agences Bloomberg et Factset, qui tablaient respectivement sur 12,6 et 12,7 milliards. En Asie hors Japon, le groupe constatait néanmoins un ralentissement de sa croissance à +12% sur un an en organique au 3e trimestre (contre +18% au premier semestre). 

J.C-H avec AFP