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France Télévisions: les prétendants se multiplient

Rémy Pflimlin a dit être "intéressé" par un nouveau mandat

Rémy Pflimlin a dit être "intéressé" par un nouveau mandat - Patrick Kovarick-AFP

Le successeur de Rémy Pflimlin sera choisi d'ici juin. D'ores et déjà, une vingtaine de noms circulent, dont quelques poids lourds.

Le mandat de Rémy Pflimlin à la tête de France Télévisions ne s'achève que le 22 août 2015. Son successeur devrait être désigné par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) d'ici le 22 mai. Mais d'ores et déjà, les candidatures se multiplient. 

Pourtant, le poste n'est pas une sinécure. Les pressions sont multiples: pouvoirs publics, syndicats, producteurs, réseaux occultes... Le salaire (400.000 euros par an pour Rémy Pflimlin) est très inférieur au privé. La limite d'âge (65 ans) est intangible, interdisant toute candidature au-delà de ce couperet, et interrompant même le mandat en cours de route dès que cet âge est atteint.

Rémy Pflimlin, qui en prend plein la figure depuis sa nomination en 2010, semble pourtant prêt à rempiler: le PDG a indiqué au Figaro être "intéressé" par un second mandat.

Il devra affronter une forte concurrence. En effet, chaque jour qui passe, la liste des candidats potentiels s'allonge. Mais, quand on les interroge, chacun adopte une attitude différente.

Ceux qui confirment

Rarissimes sont ceux qui confirment leur intérêt, car cela fragilise leur situation vis-à-vis de leur employeur. Surtout, ils deviennent immédiatement une cible pour les autres candidats. "Depuis que mon nom circule, un tas de gens que je ne connais pas et dont je n'ai rien à faire, veulent absolument m'inviter à déjeuner... mais un tas d'autres se sont mis à me tirer dans les pattes", raconte un papabile.

Le seul à sortir du bois aujourd'hui est Christophe Beaux, PDG de la Monnaie de Paris et membre du conseil d'administration de France Télévisions. Son nom a été évoqué par les Echos, et il admet être intéressé. La rumeur assure même qu'il formerait un ticket avec Pascal Josèphe, qui dirigea les antennes des chaînes publiques sous Hervé Bourges. Contacté, Pascal Josèphe n'a pas répondu.

Ceux qui se taisent

Les noms de trois candidats de poids circulent aussi, mais tous restent muets et ne nous ont pas répondu. Il s'agit d'Emmanuel Hoog (PDG de l'AFP), Didier Quillot (PDG de Coyote et ancien patron d'Orange France et de Lagardère Active) et de Rodolphe Belmer (directeur général de Canal Plus). Selon la Lettre de l'Expansion, ce dernier serait soutenu par l'Elysée. Il doit surtout faire face à une équation complexe, qui lui donne probablement envie de voir si l'herbe est plus verte ailleurs. D'abord, ses rapports avec son président Bertrand Meheut se sont dégradés. Surtout, son nouvel actionnaire Vincent Bolloré a conforté Bertrand Meheut pour quelques années, mais aussi répété à Rodolphe Belmer qu'il tenait à le garder.

Dernier taiseux: Alexandre Michelin, ancien directeur des programmes de France 5 travaillant aujourd'hui chez Microsoft, s'intéresserait aussi au poste, mais ses chances paraissent modestes.

Ceux qui restent flous

D'autres papabile ne préparent pas de candidature, mais veulent se garder une porte ouverte au cas où, et ne pas injurier l'avenir. C'est le cas de Marie-Christine Saragosse, la patronne de France 24 et RFI, qui nous déclare "n'être candidate à rien".

De son côté, le président du directoire de Lagardère Active Denis Olivennes, qui serait apprécié du CSA, nous dit: "je ne confirme en aucun cas les rumeurs selon lesquelles je suis candidat".

Pour sa part, la productrice Simone Harari, déjà candidate en 2005, répond: "je compte bien m’impliquer dans les réflexions sur l’avenir de la télé publique. A voir à quelle place et à quel titre..." Reste qu'elle serait atteinte par la limite d'âge en cours de mandat.

Pour sa part, Bibiane Godfroid, directrice générale des programmes de M6, parle d'une "rumeur" et ajoute: "il faut bien que l'on fasse circuler des noms de femmes de télé, elle ne sont pas si nombreuses". A défaut d'être candidate elle-même, celle qui travailla aux programmes de la Deux sous Hervé Bourges pourrait plus probablement former un ticket avec un autre candidat.

Impossible aussi d'obtenir une réponse claire d'Agnès Saal, PDG de l'INA, dont le nom a été avancé par l'Expressmais qui se borne à répondre qu'elle "ne commente pas les rumeurs". Toutefois, on la voit mal postuler à peine un an après son arrivée à l'INA... 

Ceux qui démentent

Enfin, beaucoup démentent être intéressés, même si c'est à prendre avec des pincettes. Ainsi, Yves Bigot, directeur général de TV5, déclare qu'il "ne sera pas candidat", mais avait assuré la même chose pour son poste actuel...

De son côté, le patron du Monde Louis Dreyfus, dont le nom a été avancé par l'Express, ne confirme pas sa candidature.

Christopher Baldelli, président du directoire de RTL et ancien directeur de France 2, nous répond aussi: "je ne serai pas candidat".

Dans certains cas, ces démentis sont renforcés par de solides arguments. Ainsi, Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, qui a failli avoir le poste en 2010 et assure ne plus s'y intéresser. En l'occurrence, l'examen des comptes de la Fnac montre qu'il recevra d'importants bonus (options de performance, unités de valeur...) à condition qu'il reste à son poste dans les années à venir. 

De même, Bruno Patino et Thierry Thuiller, les deux bras droit de Rémy Pflimlin, ont répété publiquement qu'ils ne seraient pas candidats. Et on les voit mal postuler contre leur patron actuel...

Enfin, Véronique Cayla (Arte), Frédérique Bredin (CNC), Martin Ajdari (ex-France Télévisions), Cyrille du Peloux (Veolia), Patricia Langrand (Steria), Xavier Couture (Orange), Delphine Ernotte (Orange) et Gérard Leclerc (la Chaîne parlementaire) nous ont tous démenti clairement et officiellement toute candidature.

Jamal Henni