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France Télé lancera bien un Netflix à la française

Il aura fallu deux ans à la patronne de France Télévisions pour mettre en place son projet de plateforme de vidéo à la demande, par abonnement. Ouverture des souscriptions en septembre.

Un Netflix à la française c'est l'arlésienne du PAF depuis des années... et c'est France Télévisions qui aura finalement réussi à se lancer, avec la plateforme France.TV, qui remplace Pluzz, son site de replay. Il aura fallu deux ans à Delphine Ernotte, qui en avait fait une priorité à son arrivée à la tête de France Télévisions.

Sa plateforme de vidéo à la demande par abonnement verra le jour à la rentrée, alors qu'existent déjà Netflix, Canalplay, SFRPlay et les services mobiles du type Studio+, Blackpills et Molotov.

Les négociations ont été longues avec la profession, les chaines privées et les groupes étrangers n'ont pas accepté de s'associer. France Télévisions s'est donc finalement entendu directement avec les grands producteurs français, comme Lagardère ou Elephant, qui ont accepté de participer. En revanche, le groupe n'a obtenu aucune exclusivité.

Partage de revenus avec les producteurs

Le modèle économique de la plateforme sera inédit. Il n'est pas question de débourser des milliards pour acheter les droits des séries et des films, comme Netflix peut se le permettre. Pour limiter les coûts, France Télévisions parie sur un partage de revenus avec les producteurs, qui toucheront une quote-part des recettes en fonction de l'audience de leurs contenus.

Quant à la programmation, l'idée n'est pas de miser sur les volumes -seulement 6.500 titres- mais sur une meilleure rotation. Ainsi, les contenus évolueront en lien avec ce qui passe sur les chaînes du groupe, ou en fonction de thématiques autour d'un comédien, d'un réalisateur.

Pour attirer avec une offre 100% française, moins fournie que celles de ses concurrents, France Télé promet un tarif inférieur aux 8 euros mensuels de l'abonnement Netflix.

Pour atteindre l'équilibre d'ici 2022, la plateforme doit fédérer 300.000 abonnés, et en espère 800.000 abonnés dans 5 ans. De toute façon, le Netflix de France Télévisions ne sera pas rentable au début. Mais l'objectif, c'est d'être présent.

Simon Tenenbaum, édité par N.G.