BFM Business

France 5 veut arrêter Les Maternelles

L'émission était diffusée depuis 2001

L'émission était diffusée depuis 2001 - France 5

"La chaîne publique a lancé un appel à projets pour trouver une nouvelle émission quotidienne. Une manière de mettre la pression sur son producteur Newen. "

Le 5 novembre, le secrétaire général de France Télévisions Christian Vion avait dit sur France Inter "envisager" d'arrêter Les Maternelles fin juin.

Récemment, France 5 a franchi une nouvelle étape. La chaîne a lancé un appel à projets pour trouver pour la rentrée prochaine une nouvelle émission quotidienne occupant la case de 9h à 10h, sonnant ainsi le glas de l'émission qui occupait ce créneau depuis 2001...

Pression tous azimuts

Les Maternelles sont produites par Néria Productions, et constituaient la quasi-totalité du chiffre d'affaires (7 millions d'euros) de cette société.

Surtout, Néria Productions appartient au groupe Newen. L'arrêt des Maternelles est donc une nouvelle manière de mettre la pression sur le troisième producteur audiovisuel français, qui réalise plus de 80% de son chiffre d'affaires avec les chaînes publiques.

En effet, France Télévisions est furieux de son rachat par TF1. Immédiatement après l'annonce du rachat, le service public a annoncé "suspendre les développements et les projets avec Newen". Ensuite, le groupe a cessé de commander des reportages à Capa (autre filiale de Newen), qui fournissait notamment Envoyé spécial, Thalassa, Faut pas rêver, Des racines et des ailes... Des rumeurs de suppressions de postes à Capa ont même couru, mais Newen déclare qu'"aucun plan de départs n'est prévu à ce jour à Capa".

Reprise des discussions

Cette pression tous azimuts a-t-elle fini par payer? En tous cas, les négociations entre France Télévisions et Newen, après des mois d'interruption, ont repris récemment, et pourraient même aboutir sous peu.

Le principal point de discussion est Plus belle la vie, le feuilleton quotidien France 3, dont le contrat, qui expire fin juin, doit être renouvelé. C'est un enjeu important à la fois en termes financiers (le budget est de 35 millions d'euros) et d'audience (la Trois a estimé que la perte du feuilleton pourrait lui coûter un point d'audience).

France Télévisions a formulé deux exigences. D'abord, garantir que le feuilleton n'ira jamais à la concurrence en devenant co-propriétaire, avec par exemple des droits sur la marque. Ensuite, réduire la facture de 3 millions d'euros en rognant sur la marge empochée par Newen, estimée à une demi-douzaine de millions d'euros. 

Lobbying

Newen et son nouveau propriétaire TF1, après avoir longtemps rejeté les exigences de France Télévisions, y semblent désormais plus ouverts, d'où la reprise des discussions. En outre, les discussions ne sont désormais plus parasitées par les débats parlementaires sur les rapports entre chaînes et producteurs. En effet, à l'occasion de la loi sur la création, TF1, M6 et Canal Plus ont mené -mais en vain- un intense lobbying pour obtenir le droit de racheter les producteurs des émissions qu'ils diffusent. 

Interrogé, Newen et France Télévisions se sont refusés à tout commentaire. 

Jamal Henni