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Dolce & Gabbana lourdement condamnés pour évasion fiscale

Les deux stylistes sont accusés d'avoir créé des sociétés écran au Luxembourg

Les deux stylistes sont accusés d'avoir créé des sociétés écran au Luxembourg - -

Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont été condamnés en appel à payer une amende de 343 millions d'euros. Ils étaient jugés pour avoir soustrait au fisc italien 840 millions d'euros.

Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont été condamnés en appel à payer une énorme amende de 343 millions d'euros dans une affaire d'évasion fiscale.

La Commission tributaire de Milan a donné raison au fisc italien, qui a infligé aux deux créateurs une lourde amende de 343,4 millions d'euros plus les intérêts, ont indiqué des sources proches du dossier citées par la presse italienne.

Le verdict constate "une attitude de violation de la législation menée avec le seul objectif de se procurer un avantage fiscal", selon l'agence ADN Kronos qui y a eu accès.

Les deux stylistes étaient jugés pour la deuxième fois -suite à l'annulation par la Cour de cassation d'une première procédure qui s'était terminée par leur acquittement- pour avoir soustrait au fisc environ 840 millions d'euros à travers des inexactitudes dans leurs déclarations de revenus.

"Moi ce qui m'intéresse c'est faire des vêtements"

"Moi ce qui m'intéresse c'est faire des vêtements c'est tout ! Qu'ils fassent et disent ce qu'ils veulent", a commenté Stefano Gabbana dans un tweet. Il a aussi réitéré sa proclamation d'innocence: "être accusé de quelque chose qui n'est pas vrai n'est pas une belle chose, mais au fond, on s'en fout, on finira tous sous la terre".

Pour éviter de mettre la main au portefeuille, les deux stylistes vont probablement déposer un nouveau recours en Cassation, ce qui en Italie est suspensif de la peine.

Le tribunal de Milan avait lancé en 2010 une enquête contre la maison de mode et cinq autres personnes pour avoir soustrait au fisc près d'un milliard d'euros. Les stylistes avaient été acquittés en appel en avril 2011, mais la procédure avait redémarré à zéro en novembre 2011 après l'annulation de cette décision par la Cour de Cassation, la plus haute juridiction italienne en matière pénale.

Les deux stars du prêt-à-porter sont accusées d'avoir créé une série de sociétés écran -dont Gado, acronyme de leurs noms de famille- au Luxembourg en 2004 et 2005, leur confiant le contrôle des marques du groupe afin d'échapper au fisc italien, alors que ces sociétés étaient en réalité gérées depuis la péninsule.

AFP