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Diane Von Furstenberg: "La robe portefeuille a rempli le mien"

Diane Von Furstenberg, créatrice de la marque éponyme, était l'invitée de Karine Vergniol dans Goûts de Luxe ce vendredi.

Diane Von Furstenberg, créatrice de la marque éponyme, était l'invitée de Karine Vergniol dans Goûts de Luxe ce vendredi. - BFM Business

À l'occasion de la sortie de son autobiographie, la créatrice de mode américaine évoque sa vie intense, les hauts et les bas qu'ont connu ses affaires, et l'avenir de sa marque.

L'heure du bilan pour la créatrice de mode américaine? Sa biographie, "La femme que j'ai voulu être", sortie cet automne, retrace la vie très remplie et très intense de cette fille d'une survivante d'Auschwitz. Sur BFM Business ce vendredi, Diane Von Furstenberg a évoqué comment elle essayait de transmettre sa marque, ses conseils, ses inspirations.

Une sorte de volonté de traverser le temps, à l'instar de la pièce de mode qu'elle a inventé et qui a garanti son succès: la robe portefeuille, qu'elle a dessinée en 1974. Vendue à plus d'un million d'exemplaires en moins de deux ans, jusqu'à 25.000 exemplaires par semaine, "elle a rempli mon portefeuille", s'amuse la créatrice.

Légende : une photo de Diane Von Furstenberg jeune, postée sur le compte Instagram du nouveau DA de la marque, Jonathan Saunders. 

Ce succès, elle peine toujours à se l'expliquer. "C'est une petite robe qui a l'air toute bête, mais elle donne confiance à la femme, de l'aplomb, et en même temps, elle rend très séduisante. Quelqu'un m'avait dit, elle plaît aux hommes, et aussi à la mère de ces hommes!". Et puis elle ne se démode pas: "Celles d'il y a quarante ans continuent de se vendre dans les boutiques vintage au même prix que celles qui sortent aujourd'hui", se félicite la créatrice.

Pour autant, Diane Von Furstenberg a connu des trous d'air. Dans les années 80, elle a dû vendre sa marque pour éviter la faillite et s'est éloignée un temps du monde de la mode. "J'ai vécu le rêve américain à 25 ans, je n'arrivais pas à y croire. J'ai reçu tellement de propositions, j'ai fait des choix qui se sont révélés des erreurs". Ces échecs, elle ne les occulte pas dans son livre, au contraire. Pour que toutes les femmes puissent s'identifier et trouver des sources d'inspiration dans son histoire, "la chose la plus importante n'est pas de raconter vos succès mais vos échecs".

"La femme la plus puissante de la mode"

Aujourd'hui, elle assure ne même plus se rappeler des enseignements qu'elle a tirés de ces périodes sombres. Lorsqu'on est face à l'échec "on assume, on corrige, et tout à coup, quelque chose de bien sort de ça, et on ne se souvient plus que ça a mal commencé". Pour preuve, à la fin des années 90, elle relance sa marque. À nouveau, grâce à son modèle fétiche, la robe portefeuille. Et la magie fonctionne à nouveau. En 2012, elle est sacrée "femme la plus puissante du monde de la mode".

Aujourd'hui, la sexagénaire réfléchit à sa succession. Son fils Alexander fait partie de la direction et est associé de la marque. Et déjà, un nouveau directeur artistique a pris le relais chez DVF: l'Écossais Jonathan Saunders, nommé cet été. Sa première collection pour la marque, présentée il y a un mois, a été extrêmement bien accueillie par la presse. A-t-elle trouvé là son héritier? "Cela faisait longtemps que je l'avais à l'œil", se contente-t-elle de répondre.

Diane Von Furstenberg, elle, prend un peu de recul. Elle est devenue présidente du Council of fashion designers of America (CFDA), le puissant conseil des créateurs de mode américains, notamment chargé de définir le calendrier des défilés à New York, de promouvoir la mode comme un art, d'en codifier une éthique et des normes.

En son sein, elle a fondé avec la prêtresse Anna Wintour, directrice de la bible de la mode Vogue, un fonds dédié à lancer les jeunes créateurs. Avec succès: des talents comme Alexander Wang, Proenza Schouler, Rodarte, s'en sont servi de rampe de lancement.

Elle encourage aussi beaucoup la génération suivante à se lancer. "Tout est en train de changer dans le monde. On est en train de surfer un tsunami. Avec la révolution numérique, tout change", souligne Diane de Furstenberg. Cela pourrait faire peur, mais au contraire, estime-t-elle, "c'est le bon moment si on pense bien à qui l'on est, ce que l'on veut être, ce que l'on apporte de nouveau". Dernier conseil: "Écoutez tout le monde, et n'écoutez que vous"!

N.G.