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Coupe de l'America: vers un fiasco économique?

Le skipper américain d'Oracle (à gauche) et néo-zélandais de Team New Zealand vont s'affronter pour remporter la Coupe de l'America.

Le skipper américain d'Oracle (à gauche) et néo-zélandais de Team New Zealand vont s'affronter pour remporter la Coupe de l'America. - -

La compétition de voile débute samedi 7 septembre, sur fond de crise économique et de polémiques sur les décisions des organisateurs.

Troisième plus ancienne compétition sportive de tous les temps, la Coupe de l’America va débuter, samedi 7 septembre, dans un climat bien particulier. Car cette édition 2013 a d’ores et déjà tourné au fiasco.

En cause, le faible nombre de participants (trois) lors de la Coupe Louis Vuitton, dont le vainqueur affronte le vainqueur de l’édition précédente. Avec de nombreuses conséquences financières à la clé.

La crise économique peut expliquer, en partie, le désistement de plusieurs concurrents. Ces derniers engloutissent en effet des sommes astronomiques afin de construire des bateaux toujours plus performants.

Mais la controverse provient surtout de la décision prise par l’organisation de la course, en concertation avec le précédent vainqueur (Oracle), d’imposer un modèle de bateau hors de prix (environ 10 millions de dollars). Ces deux facteurs ont abouti à une course (presque) dénuée d’intérêt.

500 millions de dollars de retombées en moins

Du coup, les conséquences s’enchaînent. Louis Vuitton, qui dispose d’une clause dans son contrat de sponsoring avec l’organisation de la course, réclamerait déjà 3 millions de dollars à celle-ci.

De son côté, la ville de San Francisco voit la situation d’un très mauvais œil. Ses prévisions datant de 2010 tablaient sur des retombées économiques d’1,4 milliard de dollars, pour une course à 15 concurrents. Elles sont maintenant de 900 millions.

Les contribuables, eux, devront s’acquitter d’une facture de 20 millions d’euros, due à la frilosité des investisseurs privés.

Le manque d’intérêt de la compétition pourrait également se traduire par un public moins nombreux, et des droits TV en baisse lors de la prochaine édition, dans quatre ans. En d’autres termes, les concurrents et l’organisation pourraient devoir réduire drastiquement la voilure.

Yann Duvert