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Comment les ventes d'art se réinventent à l'ère du coronavirus

Les annulations de grands salons et de ventes aux enchères se sont multipliées. Mais en pariant sur le numérique, le secteur espère rebondir. Exemple avec la Biennale de Paris dont le président Georges de Jonckheere était invité sur BFM Business.

Comme beaucoup d'événements, les ventes d'art aux enchères ou à travers des salons souffrent des conséquences de l'épidémie de coronavirus avec de multiples annulations. Or, ces événements génèrent 40% des ventes d'objets d'art dans le monde.

Il s'agit donc de trouver des alternatives. C'est le cas de la Biennale de Paris, rendez-vous très prisé des grands antiquaires qui devait se tenir en septembre prochain mais qui est reportée d'un an.

Pour compenser ce report, ses organisateurs se sont entendus avec la maison Christie's pour organiser pendant onze jours en septembre une vente aux enchères en ligne mais pas seulement. Comme l'explique ce mardi sur BFM Business son président Georges de Jonckheere, il s'agira d'un événement mixte virtuel/réel assez original.

Christie's: un acteur rodé des ventes en ligne

"Ce n'est pas seulement des enchères (en ligne), c'est une rencontre parce que les objets seront dans les boutiques, dans les galeries des antiquaires (...) et les antiquaires étrangers pourront s'ils le souhaitent envoyer auprès d'un collègue un objet. Donc ça va permettre aux amateurs d'art, aux gens de musée de rencontrer l'objet, de s'assurer que l'objet leur plaise, d'avoir l'avis de l'antiquaire. Il y aura d'ailleurs un parcours fléché à Paris de galerie en galerie où les amateurs d'art pourront aller voir les objets mis en vente. "Ca va être un véritable renouveau du marché", assure Georges de Jonckheere.

Côté ventes en ligne, en s'associant au géant des enchères Christie's, la Biennale s'assure de trouver un partenaire bien rodé dans ce type de vente dématérialisée qui attire notamment les collectionneurs plus jeunes. En 2011, Christie’s avait été la première maison de vente à lancer sa propre plateforme d'e-commerce.

Mais n'y-t-il pas un risque de voir à terme les ventes en ligne devenir la norme et les grands salons type Biennale devenir moins attractifs? "Non, on ne pourra jamais remplacer le plaisir de visiter une exposition", juge Georges de Jonckheere. "L'alliance avec Christie's est le fait des circonstances actuelles. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui le marché est global, il n'y a plus de clivages, les clients ont toutes les informations. Et allier une institution comme la Biennale avec une maison comme Christie's qui a un savoir-faire, va nous permettre de rencontrer des collectionneurs dans le monde entier (...) qui par le net vont rentrer dans nos boutiques".

Olivier Chicheportiche