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Comment le PSG tire le football français vers le haut

Le PSG a vu son chiffre d'affaires augmenter de 100% entre 2011-2012 et 2012-2013.

Le PSG a vu son chiffre d'affaires augmenter de 100% entre 2011-2012 et 2012-2013. - Patrick Hertzog - AFP

Le club de la capitale, par l’explosion de son chiffre d’affaires, masque les difficultés de l’ensemble des clubs professionnels français, selon l’Union des clubs professionnels (UCPF).

N’en déplaise aux supporters de l’OM, qui accueille ce dimanche son rival, le PSG est (très) utile au football français. L'Union des clubs professionnels de football (UCPF) a en effet présenté cette semaine la troisième édition de son baromètre des impacts économiques et sociaux du foot pro (soit 40 clubs de L1 et L2 ainsi que 4 clubs de National ayant conservé leur statut pro). Et ses résultats montrent une réalité plutôt morose.

Premier enseignement de ces données (qui portent sur la saison 2012-2013, Monaco n’était donc qu’en Ligue 2): le PSG est clairement l’arbre qui cache la forêt. Car si les clubs tricolores ont globalement enregistré une croissance de 20,8% de leur chiffre d'affaires cumulé (1,5 milliard d’euros), il serait en baisse de 3,7% sans le club parisien.

Avec 400 millions d'euros de chiffre d’affaires (près de 500 millions aujourd’hui), celui-ci a enregistré une progression de 100%, notamment grâce à un contrat d’image passé avec un fonds qatari. Et engrange à lui seul plus d'un quart des revenus des 44 clubs pro!

La fiscalité en cause?

Mais en dépit de la locomotive parisienne, les revenus du foot professionnel en France restent largement distancés par ceux de ses rivaux européens. A droits TV comparables (620 millions d'euros contre 632 millions en France), la Bundesliga a notamment creusé l'écart avec la L1: le différentiel entre leurs revenus a ainsi augmenté de 37% en six ans, grâce notamment à la capacité des clubs allemands à générer de fortes recettes les jours de match dans des stades de nouvelle génération.

L’une des raisons pouvant expliquer cet écart reste la lourde fiscalité en vigueur dans l’Hexagone. En 2013, les clubs pro ont payé 714 millions d’euros de cotisations sociales et fiscales (dont 23 de taxe à 75%), soit la moitié des contributions de la filière (les clubs mais également les sous-traitants, les équipementiers, le BTP, les médias, les paris en ligne) qui se montent à 1,54 milliard d’euros. Le tout alors que les clubs ne représentent que 25% de ses revenus. 

Y.D. avec AFP