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César 2013 : "Le cinéma français coûte très peu à l’Etat"

Les acteurs Noémie Lvosky et Denis Podalydès dans "Camille redouble", l'un des films les plus rentables du cinéma français en 2012

Les acteurs Noémie Lvosky et Denis Podalydès dans "Camille redouble", l'un des films les plus rentables du cinéma français en 2012 - -

A l’occasion de la cérémonie des César ce 22 février, le président de l’Académie Alain Terzian relativise les critiques récentes sur le coût du cinéma français. Il justifie les subventions et le salaire de certaines vedettes.

La 38e cérémonie des César se tient ce 22 février. La grande fête du cinéma français intervient quelques semaines après la polémique lancée par le producteur Vincent Maraval.

Celui-ci a mis le feu aux poudres en dénonçant les salaires trop élevés des acteurs, et une production cinématographique sous perfusion publique dans une tribune au Monde.

"Les acteurs sont payés en fonction de leur rareté", parce que certains d’entre eux sont "irremplaçables", explique à BFM Business Alain Terzian, président de l'Académie des Césars. Quand un scénario est écrit pour un artiste, il est lui-même capable, en tant que producteur de "faire de la surenchère". Mais il relativise : "cela concerne trois acteurs sur le marché".

Comme les responsables du Conseil national du cinéma et de l’image animée (CNC), Alain Terzian défend en outre le succès du cinéma français. Celui qui a produit Les Visiteurs en 1993 explique que, cette année-là, il y avait eu 116 millions d’entrées. Tout le monde craignait la mort du cinéma à cause du nombre de chaînes de télé. Aujourd’hui, note-t-il, "il y a 25 chaînes TNT, 250 via le satellite, internet, la VOD, etc.", et il y a eu 206 millions d’entrée en 2011 ! Les films français occupent une belle place, générant 40% de la fréquentation.

Par ailleurs, Alain Terzian loue les performances de la production hexagonale à l’étranger. Il se rappelle que le milieu a longtemps qualifié les films français "d’inexportables". Or "depuis l’Oscar de Marion Cotillard pour "La Môme" en 2008, la France a obtenu une quinzaine de statuettes" outre-Atlantique. En réalité, c'est un peu moins d’une dizaine.

D’après les récents calculs de BFM Business, la plupart des films produits en France est dans le rouge. Seuls 14% des films ont atteint le seuil de rentabilité en 2012. Leurs budgets restent trop élevés par rapport à ce qu'ils rapportent.

Si la production française voit grand, c'est parce qu'elle bénéficie d'argent public. 350 millions d'euros chaque année de la part du CNC, 750 millions d'aides publiques, en crédit d'impôt, en aide régionale ou en TVA réduite... A quoi il faut encore ajouter les 300 millions d'euros d'investissements des chaînes de télévision privée, obligées par la loi de consacrer une partie de leur chiffre d'affaires pour produire des films.

Aux César 2013, le long métrage le plus nominé est "Camille redouble". Un film à petit budget, qui fait partie de notre top 10 des films les plus rentables.

Le titre de l'encadré ici

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Les chiffres-clés du cinéma français :

> 206 millions d’entrée en 2012

> 40% des entrées pour des films français 

> 750 millions d’aide publique

> 300 millions d’investissement des chaînes de télé privées 

> Les films français sont subventionnés à plus de 40%

> En 2012, 14% des films ont été rentables

Dorothée Balsan et BFMbusiness.com