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Ces produits qui peuvent coûter 27 fois plus cher dans le low-cost qu'au supermarché

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"Une étude de Kayak compare les prix des produits alimentaires vendus dans les avions des compagnies low-cost avec ceux pratiqués par les supermarchés. La différence grimpe parfois jusqu'à 2.600%!"

Quel est le point commun entre un palace et un vol sur EasyJet ou Ryanair? A priori aucun. Que peuvent avoir en commun le luxe et le low-cost? Et pourtant, il y en a un. La marge réalisée sur les sodas, barres chocolatées et autres snacks vendus. Les avions low-cost sont de vrais mini-bars de palaces volants en ce qui concerne les tarifs pratiqués. Le comparateur de prix Kayak s'est ainsi amusé à comparer le prix des produits alimentaires vendus par les compagnies low-cost avec ceux pratiqués par les supermarchés. Et les écarts sont colossaux.

Prenons les sodas par exemple. Sur EasyJet, la canette de 33cl de Coca est ainsi facturée 2,50 euros (tous les prix sont sur ce catalogue). À titre de comparaison, le pack de 24 canettes est par exemple vendu 6,55 euros chez Carrefour, soit 27 centimes pièce. Vous paierez donc votre Coca 9,7 fois plus cher dans votre avion, soit une différence de 870% (la marge réelle est encore plus importante car la compagnie n'achète évidemment pas ses produits en grande distribution). Chez Ryanair, c'est encore plus cher. La compagnie vend aussi son Pepsi 2,50 euros mais il s'agit de canettes de 25 cl. Elle facture donc 10 centimes le centilitre contre 0,8 centime au supermarché, soit un écart 1.150%.

Le plus cher, c'est la soupe

Et les sodas ne sont pas les seules boissons qui donneront une sacrée gueule de bois à votre porte-monnaie. Le jus d'orange (2,70 euros les 25 cl chez EasyJet, soit 4 fois plus cher que dans le commerce) et surtout l'eau gazeuse dont la bouteille de 150 ml de Britvic (la maison mère de Teisseire) est vendue 1,40 livre (1,75 euro) sur la compagnie britannique Flybe, soit 23 fois plus cher au litre que la même en magasin. Une bouteille de 75 cl de cette eau pétillante coûterait 8,75 euros, soit plus cher qu'un Crémant d'Alsace par exemple

Les snacks n'échappent pas non plus à l'inflation des airs. Le paquet de 40 grammes de chips coûte 2,50 euros chez Ryanair. Si la marque Boxerchips n'est pas vendue ailleurs, rendant impossible la comparaison sur le même produit, cela fait cher la chips. Cela représente 62,50 euros le kilo contre un prix au kilo de 11 euros pour le paquet de Lay's en supermarché. La différence est encore plus grande avec les barres chocolatées. Et c'est Ryanair qui est une fois de plus la low-cost la plus chère avec un tarif de 2 euros pièce le Kit-Kat, le Mars ou le Snickers. En supermarché, comptez 1,70 euro le lot de 5, soit 34 centimes la barre.

Mais le plus gros écart constaté par Kayak se fait sur les soupes. Un sachet de soupe lyophilisée coûte aux alentours de 12 pences en magasin (15 centimes d'euros) alors que des compagnies comme Thomas Cook ou Flybe facturent respectivement 2,40 livres (3 euros) et 2,50 livres (3,10 euros), soit des écarts qui atteignent les 2.600% (27 fois plus cher)! Pourquoi une telle différence sur les potages? Parce qu'ils sont vendus en sachets dans les magasins alors que les compagnies y rajoutent de l'eau chaude. Un petit service payé au prix fort...

Des revenus pas si accessoires

Et si les compagnies low-cost facturent aussi cher ces produits alimentaires, c'est que leur modèle économique est basé sur ces à-côtés très lucratifs. Les Ryanair, Easyjet et autres Flybe ne dégagent pas de marge sur les billets d'avion seuls. Un coup d'œil dans les comptes annuels de Ryanair permet de s'en rendre compte. Les revenus accessoires ("ancillary revenues") ont représenté en 2015 1,4 milliard d'euros soit 25% du chiffre d'affaires total cette année-là (5,6 milliards d'euros). Une somme qui représente l'équivalent du très copieux bénéfice net de la société (1,2 milliard d'euros). Pour autant, les ventes de produits alimentaires ne représentent qu'une part modique de ces revenus accessoires. Selon une étude de IdeaWorks, le commerce à bord n'en représente que 15%. Loin derrière les suppléments bagages (30%) et les services "à la carte" de type annulation, changement de vol (25%). Des services aux marges là aussi très confortables.

Frédéric Bianchi