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Ce site veut prouver qu'AirBnB n'a pas tué l'hôtel

NightNight prépare une levée de fonds pour 2016

NightNight prépare une levée de fonds pour 2016 - Night Night

Le site NightNight propose une sélection de 30 hôtels lifestyle dans 12 capitales à des prix abordables pour les 25-40 ans.

Le week end prochain, vous voulez partir à Berlin, Londres ou Barcelone, et vous cherchez un hôtel sympa. Avant internet, vous deviez acheter un guide, ou demander conseil à un agent de voyages qui prélevait une grosse commission. Depuis internet, vous pouvez consulter les avis des internautes sur des sites comme TripAdvisor, mais c'est laborieux... et les avis sont parfois truqués.

Trois publicitaires de l'agence BETC, Mathieu Dugast, Mathieu Ecollan et Kevin Hutchings, confrontés à ce problème, ont décidé de s'y attaquer en créant un site web, NightNight.

Hôtels lifestyle pour génération Y

Ouvert en février, le site propose des hôtels dans 12 villes: New York, Hong Kong, et 10 capitales européennes. Les tarifs sont en général inférieurs à moins de 200 euros la nuit, et souvent de moins de 100 euros. Le site s'est spécialisé dans les hôtels lifestyle, ou hôtels à vivre (Mama Shelter, Hoxton, Citizen M, Ace Hotels...), prisés de la génération Y. "Ce sont des hôtels non standardisés, avec une atmosphère, un design intéressant, où le lobby est un lieu de vie où l'on peut faire des rencontres", explique le co-fondateur Mathieu Dugast.

NightNight se veut sélectif, en proposant moins de 30 hôtels par ville. La sélection est faite manuellement par l'équipe du site, en écumant durant des heures les commentaires sur les sites web, puis en se rendant sur place. Le site permet ensuite de réserver sa chambre, en redirigeant l'internaute vers Booking.com. Le site, rédigé uniquement en anglais, a une ambition "mondiale", et veut "devenir le leader de la réservation hôtelière pour les 25-35 ans". D'autant que les sites concurrents comme Design Hotels ou Tablet Hotels sélectionnent des hôtels plus haut de gamme. 

"AirBnB n'a pas tué l'hôtel"

Les fondateurs affirment d'ores et déjà que leur site est "rentable", grâce aux reversements de Booking.com, qui restitue 25% à 40% de la commission prélevée sur le prix de la chambre. "Nous envisageons aussi de monétiser la mise en avant de tel ou tel hôtel. Mais nous ne recevons aucune rémunération des hôtels que nous sélectionnons. Nous sommes totalement indépendants, et nous ne voulons pas jeter le doute sur notre sélection", explique Mathieu Dugast.

Le site projette aussi de se doter de son propre système de réservation, et de lancer une version pour téléphone mobile. Pour financer ces développements, une levée de fonds est envisagée courant 2016. "AirBnB n'a pas tué l'hôtel, qui doit juste se moderniser et redorer son blason", conclut Mathieu Dugast. 

Jamal Henni