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Ce que cache Molotov, le service qui veut révolutionner la télé

Le site Molotov.tv sera lancé à l'automne prochain et sera accessible sur plusieurs types d'écrans

Le site Molotov.tv sera lancé à l'automne prochain et sera accessible sur plusieurs types d'écrans - Molotov

Jean-David Blanc (fondateur d’Allociné) et Pierre Lescure ont levé 10 millions d’euros pour créer Molotov.tv, un service qui prétend bouleverser notre façon de regarder la télé. Ambitieux…

Un Netflix de la télé. Voilà à quoi ressemblerait le projet Molotov.tv dévoilé jeudi 18 juin par Pierre Lescure, président du festival de Cannes de son état, et Jean-David Blanc, fondateur historique d’Allociné. 

Ressemblerait, car les deux promoteurs ont été avares en détails dans leur communiqué de presse au sujet de leur futur service. "Molotov est un nouveau service qui permet d'accéder aux chaînes de télévision de manière innovante. Fini le zapping à l'ancienne, terminé les heures passées à chercher quelque chose à regarder, ou manquer un programme", peut-on lire sur le site dont une pré-version a déjà été lancée. 

De l'intérêt d'être distributeur

Transformer notre façon de regarder la télé, les candidats sont nombreux de Netflix à CanalPlay, en passant par les multiples services de télévision de rattrapage (catch-up) des différentes chaines. Molotov proposerait un cocktail de cela: du contenu télé en direct, ainsi que des services de catch-up.

En effet, Molotov a indiqué s’être déclarée auprès du gendarme de l'audiovisuel comme distributeur de chaînes de télévision. C’est un statut que possèdent par exemple de CanalSat, Numericable, Free ou Orange. En tant que distributeur, Molotov écope de certaines obligations, mais surtout obtient certains droits, essentiellement pouvoir diffuser les chaînes gratuites de la TNT. Ce qui donne donc une première indication sur ses futurs plans...

En outre, selon Le Figaro, Molotov aurait trouvé un accord avec France Télévisions, Gulli et Mezzo, et discuterait avec M6. Visiblement, il s'agirait d'offrir les programmes de ces chaînes en rattrapage, c'est-à-dire à la demande après leur diffusion. En effet, pour proposer cela, un accord des chaînes est nécessaire. Mais jusqu'à présent, TF1 ou M6 ont toujours voulu garder leurs programmes en rattrapage pour leurs propres offres, et toujours refusé de les proposer via des services tiers. La start-up MySkreen s’était déjà cassée les dents sur cet obstacle il y a quelques années. Reste à savoir Molotov arrivera enfin à les convaincre...

Tour de table de 10 millions d'euros 

Le service -en partie gratuit dans un premier temps- sera lancé à l’automne prochain sur internet, mais aussi sur les téléviseurs dans un second temps.

Pour cela, Molotov indique avoir levé 10 millions d'euros. En particulier, 4,5 millions d'euros ont été levés en décembre en cédant 27% de son capital au fonds Idinvest, ainsi qu'à des business angels comme Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon ou Steve Rosenblum. 

A noter que Jean-David Blanc s'était déjà lancé dans ce type de projet. En 2011, il avait tenté –mais en vain- de lancer un service de vidéo-à-la-demande illimitée par abonnement (SVOD) de type Netflix. Baptisé iCinéma, ce service devait s’appuyer sur Free Home Video, le service SVOD de Free. Mais Free a finalement refusé de vendre Free Home Video à Jean-David Blanc, ayant reçu une meilleure offre de Canal Plus (plus de 10 millions d’euros).

Le tour de table de Molotov

-JDH (Jean-David Blanc) : 63.6%

-Pierre Lescure : 3,6%

-Jean-Marc Denoual : 2%

-Kevin Kuipers : 3,6%

-Oleg Tscheltzoff : 0,3%

-Idinvest : 18,2%

-Orefi (Jacques-Antoine Granjon) : 3 %

-Jaïna (Marc Simoncini) : 1,5%

-Dotcorp (Steve Rosenblum) : 2,4%

-Parness SA (filiale de Heptagon Investments Ltd) : 0,9%

-Do&co (Haïm Dan Ohayon) : 0,8%

Frédéric Bianchi et Jamal Henni