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Casinos: les croupiers enfin reconnus professionnellement

Le diplôme de croupier est dorénavant reconnu par l'Etat

Le diplôme de croupier est dorénavant reconnu par l'Etat - -

Le diplôme de croupier est reconnu par l'Etat. La profession est enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles. Mais les casinos se portent de plus en plus mal. Alors quels débouchés?

"Faites vos jeux… Les jeux sont faits… Rien ne va plus". Enfin pour les croupiers, cela va bien. Le 12 août dernier, un arrêté du ministère du Travail reconnaît le métier de croupier par un diplôme officiel. Cette profession est dorénavant enregistrée au répertoire national de certifications professionnelles.

Et à l'heure de la rentrée scolaire, Cerus Casino Academy est désigné, par l'arrêté, comme le seul organisme délivrant cette certification professionnelle de croupier. C'est une bonne nouvelle pour la profession. Le directeur de cette académie, Benoît Engels, précise que depuis 2003, sa formation avait déjà la reconnaissance des professionnels.

Mais ce métier, qui nécessite précision, rigueur et surtout discrétion, sera mieux reconnu auprès des professionnels avec un diplôme d'Etat. "La reconnaissance d'un diplôme officiel permet de valoriser le métier et notre centre de formation auprès des casinos, mais aussi institutions et partenaires financeurs de nos formations", précise Benoît Engels.

Chute du chiffre d'affaires depuis 5 ans

75% des diplômés sont embauchés en France, le reste va travailler à l'étranger. Avoir un diplôme reconnu est donc un plus pour faire face à la concurrence. Un croupier débutant gagne autour de 1.400 euros brut par mois. Mais grâce à un turnover important, il est possible de devenir chef de table rapidement et gagner près de 2.000 euros.

Néanmoins, même si cette profession recrute toujours, l'avenir n'est pas rose. Après une timide embellie en 2011, les casinos français, qui emploient 15.500 personnes, ont connu une baisse de leur produit brut de jeux (différence entre les mises et les gains des joueurs, équivalent du chiffre d'affaires) de 1,8% en 2012 à 2,275 milliards d'euros.

Pour les cinq premiers mois de l'exercice 2013, les casinos enregistrent une baisse globale de 3 à 4%. Sur les cinq dernières années, le recul atteint 20%.

1,1 milliard d'euros d'impôts versés en 2012

Début 2013, la profession avait demandé au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de "débloquer" l'exploitation de nouveaux jeux "qui ne coûteraient rien à l'Etat et pourraient même lui rapporter de l'argent" et un aménagement de leurs horaires. Mais ils n'ont pas obtenu satisfaction et réitèrent donc leur demande.

"Nous sommes collecteurs d'impôts", relève le président de Casinos de France. Les casinos ont versé en 2012, 1,1 milliard d'euros. Les quelque 180 communes françaises qui accueillent un ou plusieurs casinos suivent aussi de très près l'évolution du PBJ des casinos puisque 15% des prélèvements fiscaux sur le PBJ vont directement dans leur budget.

Interrogés par l'AFP début janvier, les casinos expliquent avoir appelé "en plusieurs occasions l'attention de leurs tutelles sur leurs difficultés". "Nous avons besoin que l'on nous permette d'innover en période de crise et dans un contexte concurrentiel (FDJ, PMU, jeux en ligne) très rude", ajoutent-ils.

Diane Lacaze