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Bientôt des films plus frais en vidéo-à-la-demande?

Aurélie Filippetti soutenait les propositions de Pierre Lescure

Aurélie Filippetti soutenait les propositions de Pierre Lescure - -

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a demandé, lundi 19 mai à Cannes, que les délais de disponibilités des films sur les différents supports soient "adaptés rapidement".

Welcome to New York vient encore de le rappeler. En France, les délais de sortie des films sur les différents supports (salles, DVD, vidéo-à-la-demande, télévision...) sont fixés de manière rigide. C'est la "chronologie des médias", dans le jargon du secteur.

Ces délais, qui n'ont pas évolué depuis 2009, pourraient enfin bouger. C'est ce qu'a à nouveau réclamé lundi 19 mai Aurélie Filippetti. "Je souhaite déboucher rapidement sur une adaptation de la chronologie des médias qui soit partagée", a déclaré la ministre de la Culture lors du Festival de Cannes.

Elle a souligné vouloir une solution consensuelle: "il n'est pas question de fragiliser ceux qui financent la création au profit de ceux qui ne la financent pas".

Un an de négociations

Des négociations sont en cours sur le sujet depuis maintenant un an, sous l'égide du CNC (Centre national du cinéma).

Intervenant avant la ministre, la nouvelle présidente du CNC Frédérique Bredin a été un peu plus précise: "nous ferons des propositions d'évolution en juin. Je souhaite aboutir d'ici l'été à une modification intégrant les nouveaux usages, tout en respectant la contribution économique des acteurs".

Le schéma envisagé

Selon plusieurs sources industrielles, le CNC envisage de rendre possible au cas par cas des dérogations aux délais en vigueur, après approbation par une commission ad hoc.

Surtout, le délai de sortie des films dans les offres illimitées de vidéo-à-la-demande par abonnement (de type Netflix) tomberait à deux ans, ou un peu moins (22 mois). Il est actuellement de trois ans. Mais plusieurs rapports ont proposé de le réduire. Pierre Lescure puis René Bonnel ont proposé de le réduire à un an et demi. Puis le Conseil supérieur de l'audiovisuel a proposé de le ramener à deux ans.

En outre, la ministre de la Culture a plusieurs fois tapé du poing sur la table pour faire avancer les choses. "Je veux que les discussions sur la chronologie des médias aboutissent avant la fin de l'année 2013, sinon le gouvernement prendra ses responsabilités", menaçait Aurélie Filippetti le 9 juillet 2013.

Canal Plus vent debout

Mais cette menace n'a pas eu d'effet, car la quasi-totalité de la filière reste opposée à toute évolution. A commencer par le grand argentier du cinéma français, Canal Plus. Son président Bertrand Meheut l'a encore répété le 16 mai dans le Film français: "certains, par méconnaissance de l'économie de notre secteur, parlent de modifier la chronologie des médias. C'est une approche superficielle. Tous les faux prétextes pour vouloir la bouger sont à considérer avec une grande prudence. Le piratage, par exemple, c'est ridicule: il a lieu très tôt dans la vie d'un film, et même souvent avant sa sortie".

En janvier, Canal Plus et TF1 avaient proposé un délai de deux ans pour la VoD, mais uniquement pour les films ayant réalisé moins de 100.000 entrées en salles.

Jamal Henni à Cannes