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Attentats: l'hôtellerie-restauration à Paris prévoit un sombre automne

Trois jours après les attentats de Paris, hôtels et restaurants de la capitale française enregistrent des annulations "conséquentes", qui laissent présager de prochains mois difficiles.

Trois jours après les attentats de Paris, hôtels et restaurants de la capitale française enregistrent des annulations "conséquentes", qui laissent présager de prochains mois difficiles. - Jacques Demarthon-AFP

Les hôtels et restaurants enregistrent des annulations importantes après les attentats. L'annulation du salon des Maires à Paris, cette semaine, est lourde de conséquences.

Ce qu'ils redoutaient est en train d'arriver: hôtels et restaurants de la capitale subissent le contrecoup des attentats. L'hôtellerie de luxe parisienne, qui vit essentiellement de la venue des touristes étrangers, souffre particulièrement.

"Depuis samedi, il y a une vague d'annulations conséquente dans l'ensemble du secteur de l'hôtellerie et qui concerne les deux ou trois mois à venir", a indiqué Didier Le Calvez, PDG du palace Le Bristol, et président de l'Umih Prestige, branche du syndicat hôtelier qui regroupe les établissements très haut de gamme. 

Selon lui, "les prochains mois vont être difficiles, comme cela a été le cas après les attentats du mois de janvier. On était tout juste en train de s'en remettre, avec des mois d'octobre, de novembre et de décembre qui avaient les clignotants au vert, mais là c'est 50% de chiffre d'affaires en moins qui va être enregistré pour le mois de novembre pour l'hôtellerie", selon M. Le Calvez.

Le format réduit de la COP21 aura aussi un impact

À Paris, "l'annulation du salon des maires de France (prévu initialement du 17 au 19 novembre, NDLR), notamment, est catastrophique pour le secteur hôtelier et représente finalement plus d'impact que la COP21", selon Roland Héguy, président de l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration. La conférence sur le climat dont l'ampleur va être réduite ne va pas arranger les affaires de la profession.

De son côté, le cabinet spécialisé MKG a indiqué, dans une note, observer "une baisse sensible des performances hôtelières de la capitale au lendemain des attaques meurtrières qui l'ont touchée". 

"Le taux d'occupation a accusé une dégringolade de 20,8 et 23,1 points les nuits de samedi et dimanche, entraînant le Revenu par chambre disponible (RevPAR) (indicateur clé du secteur, NDLR) dans sa chute. Ce dernier a reculé de 21,1% samedi et de 28,5% dimanche", martèle le cabinet. 

"Les annulations se font surtout au niveau des hôteliers et des traiteurs, organisateurs de réceptions qui sont annulées", dit Didier Chenet, président du GNI-Synhorcat, syndicat de l'hôtellerie-restauration très présent à Paris. "Il est encore tôt pour avoir des chiffres, mais il est certain que l'impact économique sera fort pour tout le secteur, comme cela a été le cas en janvier mais aussi en 1995", lors des attentats dans le RER.

F.Bergé avec AFP