BFM Eco

Coronavirus: Ryanair ne reprendra pas ses vols si elle doit immobiliser les sièges du milieu dans ses avions 

Ryanair

Ryanair - Andreas Solaro / AFP

Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, estime que l'immobilisation du siège du milieu dans les avions pour respecter la distanciation sociale est une mesure inefficace sur le plan sanitaire et dangereuse pour la rentabilité des compagnies aériennes.

Comment le transport aérien va-t-il s’adapter à la crise du coronavirus? Depuis plusieurs semaines, les acteurs du secteur réfléchissent à la mise en place de mesures qui permettraient de respecter les règles sanitaires au sortir du confinement. Plusieurs compagnies ont d’ores et déjà annoncé qu’elles laisseraient les sièges du milieu vides pour maintenir la distanciation sociale entre les passagers à bord de leurs avions. 

Une précaution rejetée par le PDG de Ryanair, Michael O’Leary. Dans une interview accordée au Financial Times, il a averti que la compagnie irlandaise à bas coûts ne reprendra pas son activité si les gouvernements insistaient pour que les sièges du milieu soient immobilisés une fois les restrictions de voyage levées. 

"Nous ne pouvons pas gagner d’argent avec un taux de remplissage de 66%"

Le dirigeant s’attend à ce que sa compagnie puisse assurer 40% de ses vols dès juillet avec des avions remplis à 50/60%, à condition bien entendu que le trafic aérien puisse reprendre d’ici là. Il table ensuite sur 60% des vols assurés en août et 80% en septembre, avant de retomber à 60% lors de la saison d’hiver. Selon lui, le trafic de Ryanair pourra retrouver un niveau normal à l’été 2021. 

Mais ses plans pourraient être contrecarrés si des "mesures de distanciation sociale totalement inefficaces comme laisser les sièges du milieu vides" sont imposées, a-t-il prévenu. Michael O’Leary dit également avoir alerté le gouvernement irlandais: si un telle règle était imposée "soit le gouvernement paiera pour le siège du milieu, soit nous ne volerons pas". "Nous ne pouvons pas gagner d’argent avec un taux de remplissage de 66%. Et l’immobilisation du siège du milieu "ne permet pas la distanciation sociale, c’est donc une idée idiote qui ne marche pas", a-t-il ajouté. 

Pertes d'emploi

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a dit se préparer à d'éventuelles mesures gouvernementales qui imposeraient le respect de la distanciation sociale dans les avions. La semaine dernière, EasyJet a pour sa part indiqué que l’obligation de laisser les sièges du milieu vides sera possible à mettre en place à court terme étant donné que la demande restera faible et mettra du temps avant de retrouver son niveau d'avant crise. Michael O’Leary préférerait quant à lui que l’Europe s’inspire de l’Asie en rendant le port du masque et les contrôles de température obligatoires. 

Le patron de Ryanair a par ailleurs indiqué qu’il continuerait de percevoir la moitié de son salaire jusqu’à ce que ses employés ne bénéficient plus des aides publiques compensant la perte de leur rémunération. Il a néanmoins averti que des licenciements seraient possibles pendant saison hivernale: "Le défi pour nous et pour les autres compagnies sera de minimiser ces pertes d’emploi à 10/15% des pilotes et personnel de cabine", a-t-il conclu. 

Paul Louis