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Coronavirus: comment les fabricants de savon de Marseille s'adaptent à l'augmentation de la demande

Pour répondre à l'augmentation de la demande, les savonneries s'adaptent

Pour répondre à l'augmentation de la demande, les savonneries s'adaptent - Savonnerie Fer à cheval

L'épidémie de coronavirus a boosté les ventes des savonniers de Marseille en début d'année. Et les commandes en ligne explosent depuis l'entrée en vigueur des mesures de confinement.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les usines des fabricants de savon de Marseille tournent à plein régime. Une hausse de l’activité amplifiée par la pénurie de gel hydroalcoolique.

"On a eu une forte augmentation de la demande dès que le virus est arrivé en Italie", témoigne Serge Bruna, président de la Savonnerie Marseillaise de la Licorne qui a vu ses ventes croître de 33% dans ses quatre points de vente entre fin février et mi-mars. "Nous vendons habituellement environ 200 kg de savon par jour. Pendant la période (d'épidémie, ndlr) nous avons dépassé les 300kg par jour", précise-t-il. 

Si ses boutiques ont fermé depuis, en raison de l’obligation de fermeture qui incombent aux commerces non essentiels, Serge Bruna continue de livrer les grossistes. Surtout, l’entrée en vigueur des mesures de confinement a fait bondir ses ventes sur internet de 50%. 

Production concentrée sur le savon classique

Même constat à la Savonnerie du Midi dont les commandes en ligne ont triplé depuis début mars. Face à l’emballement de la demande, l’entreprise qui fournit à la fois les particuliers, la grande distribution ou les pharmacies a mis l’accent sur la production de savon de Marseille -connu pour être naturellement antiseptique par son pH élevé- et délaissé temporairement les produits d’hygiène et de beauté.

Et pour permettre au plus grand nombre de se procurer un savon sain et économique, elle a également mis en place une promotion sur son site internet avec son savon "La Corvette" vendu un euro seulement. 

"Les besoins français ont énormément augmenté", confirme le président de la Savonnerie du Midi, Guillaume Feviet. A l’inverse, "on a observé un report des demandes à l’export sur janvier février puisqu’elles viennent essentiellement d’Asie", souligne-t-il, précisant que cette demande reprend tout juste en raison de la levée progressive des mesures de confinement. 

Renforcement des équipes et constitution de stocks

Dans ces conditions particulières, les fabricants de savon s’adaptent pour satisfaire au mieux la demande. La Savonnerie Fer à cheval, plus vieille savonnerie de Marseille, a renforcé ses équipes pour soutenir la production alors que son chiffre d’affaires généré grâce aux ventes sur internet est passé de 2500 à 5000 euros par jour.

Mais l'entreprise avait déjà anticipé l'augmentation de la demande. Et pour cause, son président, Raphaël Seghin, a vécu une partie de sa vie en Chine où certains de ses proches vivent encore aujourd'hui. Ce qui lui permis de suivre de très près la situation et d'adapter rapidement sa production. "Début février, on a mis en place un plan qui consistait à assurer notre stock. On a surproduit", indique-t-il. 

De son côté, la Savonnerie de la Licorne dispose de "trois mois de stocks", indique Serge Bruna. La Savonnerie du Midi a quant à elle doublé ses effectifs et dit réussir à livrer ses clients "mais pas toujours la totalité de ce qu’ils demandent". 

Les savonneries artisanales semblent en tout cas vouloir contribuer à la solidarité nationale en cette période délicate. Récemment, la Savonnerie Fer à cheval a fourni 5000 savons aux marins-pompiers de Marseille et a contacté l’OMS, ainsi que le ministère des Solidarités et de la Santé pour proposer son aide. "On continuera tant que la chaîne d’approvisionnement n’est pas rompue. On est là, on tient le coup. On fera le maximum pour fournir le plus de personnes possible", assure Raphaël Seghin. 

Paul Louis