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Coronavirus: comment les banques s’organisent pour accompagner les entreprises et particuliers

Les distributeurs de billets disparaissent progressivement

Les distributeurs de billets disparaissent progressivement - AFP

Autorisées à poursuivre leur activité, les banques ont été contraintes de revoir leur organisation pour assurer le traitement des demandes des entreprises et des particuliers tout en respectant les règles sanitaires.

Elles font partie des établissements dont les activités sont considérées comme essentielles. Comme d’autres secteurs, les banques sont en première ligne depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Pour continuer d’assurer leurs services, la plupart ont été contraintes de mettre en place un plan de continuité de l’activité, et donc de revoir leur organisation.

Recours au télétravail lorsque cela est possible, renforcement des mesures sanitaires, ouverture partielle des agences… A l’instar de nombreuses entreprises, les banques s’adaptent à cette situation inédite. En Ile-de-France, la Caisse d’Epargne indique que près de trois quarts de ses 423 agences sont ouvertes. Surtout, "100% de nos 30 centres d’affaires sont opérationnels pour traiter les demandes de notre clientèle de professionnels et acteurs de l’économie régionale", souligne le groupe à BFM Eco.

Un maintien de l’activité indispensable pour faire face à l’afflux de demandes, notamment des fameux "prêts garantis par l’Etat" (PGE) mis en place pour aider les entreprises à surmonter les difficultés financières en cette période de crise. 40.000 d’entre elles y ont déjà eu recours depuis le 25 mars. 

La Caisse d’Epargne Ile-de-France assure être totalement mobilisée et dit s’engager à "examiner rapidement toutes les demandes" sans besoin de se déplacer. Elle affirme en outre avoir "traité en un temps record les demandes de différés des échéances jusqu’à six mois". 

Ouverture des agences adaptées

Si les demandes qui nécessitent un traitement rapide émanent surtout des entreprises ces derniers jours, les banques continuent naturellement d’assurer les services aux particuliers, toujours en s’adaptant là-encore à la crise sanitaire. 

A la Banque Postale, 1600 agences sur 7700 sont ouvertes. L’accueil du public reste possible mais "il faut éviter de se déplacer", précise le groupe, rappelant qu’il est possible d’effectuer les principales opérations voire de prendre rendez-vous avec son conseiller en ligne. 

Du côté de Société générale, la grande majorité des agences sont ouvertes mais avec des disparités en fonction des régions. Toutefois, le public n’y est accueilli que le matin et uniquement sur rendez-vous "pour traiter les opérations qui ne pourraient pas être gérées à distance". L’après-midi, les échanges se font par téléphone. 

Le groupe assure avoir distribué des solutions hydroalcooliques dans ses agences et sensibilisé ses employés aux "gestes barrières". Des vitres plexiglass sont également en cours d’installation. Malgré ces mesures de précautions, Société générale rappelle elle aussi que ses services (consultation des comptes, virement, opposition, estimer sa capacité d’emprunt, etc.) restent accessibles à distance et invite ses clients à privilégier les canaux numériques. 

Dans les agences Caisse d’Epargne d’Ile-de-France, l’accès est contrôlé et les particuliers ne peuvent s’y rendre que sur rendez-vous pour des "opérations urgentes et importantes". Là-encore, les clients sont invités à réaliser les opérations courantes en ligne. Le groupe met aussi en garde ses clients: "Nous diffusons de très nombreux messages pour prévenir des attaques et fraudes qui sont importantes en ce moment: nous avons remonté nos messages de précaution sur tous nos sites web et envoyé des SMS de prévention à tous nos clients bancaires", explique-t-il. 

Un risque de forte affluence dans les prochaines semaines? 

Contactée, la Fédération bancaire française (FBF) reconnaît que "certaines opérations peuvent être impactées par la situation sanitaire, mais les prêts aux entreprises sont traités de manière prioritaire au titre des engagements des banques".

Si les délais de traitement des différentes opérations semblent pour l’heure relativement tenus, il pourrait en être autrement dans les semaines à venir. Car les demandes des entreprises voire des particuliers dont la situation financière serait fragilisée par la crise sanitaire risquent de se multiplier. 

D’ores et déjà la FBF conseille à ceux qui se retrouveraient dans une "situation financière difficile" en raison du confinement (absence ou diminution de revenus) de "contacter son conseiller bancaire, de préférence par téléphone, par mail ou via la messagerie de l’application mobile ou du site de banque en ligne. En particulier, s’agissant des prêts, de nombreux contrats prévoient la possibilité d’activer, à la demande du client, des dispositions de modulation ou de report d’échéance". 
Paul Louis