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"Ce n'est pas le dialogue social que l'on veut chez Renault": les syndicats regrettent le manque de concertation

Bruno Le Maire et Jean-Dominique Senard lors d'une rencontre fin 2019.

Bruno Le Maire et Jean-Dominique Senard lors d'une rencontre fin 2019. - ERIC PIERMONT / AFP

Bruno Le Maire reçoit ce mardi matin les syndicats, le président du groupe Jean-Dominique Senard et les élus locaux. Le ministre a insisté ce matin sur la nécessité d’un "dialogue social exemplaire", alors que les représentants des syndicats ont évoqué un manque de concertation ces dernières semaines.

"Exemplaire". Ce matin, sur RTL, le ministre de l’Economie a martelé trois fois ce terme, en évoquant le dialogue social chez Renault.

"J'attends que Renault engage un dialogue social exemplaire. Exemplaire. Sur la création de ce pôle d’excellence [électrique dans le Nord, ndlr]", a insisté Bruno Le Maire.

Le ministre a par ailleurs rappelé cette exemplarité comme une condition posée au constructeur. "Si Renault engage le dialogue social exemplaire que nous souhaitons sur la création d’un pôle d’excellence dans le département du Nord, si ce processus est engagé de manière constructive et transparente, je signerai le prêt garantie par l’Etat de 5 milliards d’euros", a conclu Bruno Le Maire, qui prévient: "Si ce n’est pas le cas et qu’on voit qu’on aboutit à une situation de blocage, il faudra poursuivre les discussions".

"Ce n'est pas le dialogue social que l'on veut chez Renault", rappelle la CFE-CGC

Car depuis l’annonce par Renault la semaine dernière d’un plan d’économies de deux milliards d’euros, l’incompréhension règne parmi les syndicats. "Nous n’avons pas pu échanger ni débattre lors du point avec la direction jeudi soir", explique dans La Croix Fabien Gâche. Le délégué central CGT chez Renault évoque "des méthodes méprisantes pour les salariés et le dialogue social".

Cette absence d’échanges étonne aussi à la CFE-CGC. "Lors du plan de compétitivité en 2013, nous avons eu 8 mois d’échanges avant la mise en place du plan. Nous sommes surpris de la manière dont les échanges ont eu lieu cette fois-ci, nous explique Guillaume Ribeyre, délégué central CFE-CGC. Nous avons eu une réunion de quatre heures pour comprendre l’une des plus graves crises de notre histoire. Ce n’est pas le dialogue social que l’on veut chez Renault".

Le 30 mai, au lendemain de l’annonce du plan, une manifestation a réuni à Maubeuge (Nord) plusieurs milliers de personnes, après une grève lancée vendredi matin par l’intersyndicale du site (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Sud).

Dès vendredi, à l’annonce du plan, la CFDT avait dénoncé un "projet de casse sociale et de désindustrialisation". Dans un communiqué, le syndicat avait alors expliqué qu’il "se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l'avenir de tous les sites de Renault en France". Le délégué central du syndicat, Franck Daout, avait fait part de sa surprise sur RMC lors des premières fuites dans la presse à la mi-mai du projet de Renault. 

"Il n'y aura pas de souffrance sociale", assure le président de Renault

Bruno Le Maire reçoit ce lundi les représentants syndicaux de Renault, les élus locaux des bassins de Douai et Maubeuge et le président du groupe Jean-Dominique Senard. "Il n'y aura aucune souffrance sociale, j'en serai le garant", avait insisté vendredi Jean-Dominique Senard. Clotilde Delbos, la directrice général par intérim, avait évoqué des "concertations" à venir sur les différents projets de redéploiement industriel en France.

"Je n’ai aucun intention de fermer l’usine de Maubeuge", a par ailleurs rappelé ce dimanche sur au Grand Jury RTL-LCI Jean-Dominique Senard.

Sur les 15.000 suppressions de postes annoncés par Renault la semaine dernière, le constructeur en prévoit 4600 en France.

Pauline Ducamp