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Les loyers ont peu augmenté depuis le début de 2012

Les loyers augmentent moins que l'inflation

Les loyers augmentent moins que l'inflation - -

Les loyers n'ont augmenté que de 1,2% sur les huit premiers mois de 2012. L'encadrement prévu par le gouvernement a-t-il encore une raison d'être ?

La polémique sur l’encadrement des loyers avait-elle réellement lieu d’être ? Depuis le 1er août, un décret prévoit qu’un propriétaire ne peut pratiquer une hausse supérieure à celle de l'indice de référence des loyers (IRL). Une loi devrait suivre en 2013. Pourtant, les chiffres publiés par l'observatoire de l'immobilier Clameur démontrent que les loyers augmentent peu en pratique.

En moyenne, sur les huit premiers mois de l’année, comparé à la même période en 2011, la hausse des loyers n’a été que de 1,2%, alors que l’inflation a atteint 1,9%. Pour l’ensemble de l’année, la hausse ne devrait pas excéder 1,5%. Les loyers baissent même dans 33,7% des villes de plus de 100 000 habitants.

Seules quelques zones très exceptionnelles, comme la région parisienne ou l'Aquitaine, connaissent une hausse importante. Entre 2006 et 2012, les loyers y ont augmenté de 9,2%. Sur la même période, les prix à la consommation ont progressé de 10,3%, et le revenu disponible des ménages de 18,9%, selon l’Insee.

Entre deux locataires, les loyers de relocation ont progressé seulement de 3,7% depuis 2006. "Lorsque les loyers augmentent, au-delà de l’inflation, entre l’ancien et le nouveau locataire, c’est presque toujours parce que de gros travaux ont été réalisés", observe l'étude de Clameur.

Moins de mobilité des locataires

Quelles sont les raisons de cette hausse si limitée ? Les propriétaires n’ont pas attendu le décret pour s’adapter à leurs locataires, analyse l'étude. "Entre 2006 et 2009, l’activité du marché locatif a reculé de 11,6%. Sous l’effet de la crise, plus de 190 000 candidats à un logement locatif privé ont dû renoncer à leur projet de mobilité. En 2010 et 2011, la mobilité s’est redressée. Mais depuis le déclenchement de la crise de la dette souveraine, la demande hésite : détérioration du marché du travail, inquiétudes sur le pouvoir d’achat, … En 2012, l’activité baisse 2,2% soit une perte de près de 40 000 logements locatifs".

Une loi sur l’encadrement des loyers risque de faire empirer les choses. Les Français pourraient être dissuadés d’investir dans la pierre alors qu’une pénurie de logements existe (chiffrée à 900 000). Et l’augmentation des sanctions contre les propriétaires qui ne louent risquent de rendre les candidats à l’accession plus frileux.

Le titre de l'encadré ici

|||"Ce nouvel encadrement va augmenter la vacance" : interview de Sébastien de Lafond, président de Meilleursagents.com

> Avions-nous vraiment besoin d’encadrer les loyers ?

Politiquement habile, oui, car de nombreux Français éprouvent des difficultés à se loger.  Sur le plan de l'efficacité sur le terrain, c'est autre chose.  Le fond du problème est lié à la faiblesse de l'offre de logements dans les zones tendues.  Non seulement des logements sociaux, mais aussi des logements intermédiaires pour  les "classes moyennes".

Par ailleurs, ce nouvel encadrement va poser des problèmes sur l'entretien du parc (tous les travaux ne coûtent pas 6 mois de loyers) et augmenter la vacance, déjà élevée dans les centre villes prisés.  Je ne suis personnellement pas favorable à cette mesure.

> Qu’en pense le marché ?

Il semble qu'une majorité de Français (dont 42% sont locataires) y est globalement favorable.  La plupart des propriétaires bailleurs (10% des Français) trouvent la mesure injuste, les charges pesant sur l'immobilier étant déjà très élevées.

Diane Lacaze