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L'astuce d'Airbnb pour convaincre les Français indécis de mettre leur logement en location

La plateforme de location rend publique une partie de ses données.

La plateforme de location rend publique une partie de ses données. - Martin Bureau - AFP

La plateforme américaine rend désormais publique une partie de ses données récoltées en France, comme par exemple le revenu médian dans (presque) toutes les villes. De quoi avoir une idée du rendement auquel un loueur peut prétendre.

Ceux qui hésitent encore à louer leur logement sur Airbnb ne vont peut-être plus se torturer l'esprit bien longtemps. La plateforme de location entre particuliers vient de lancer son portail Dataville qui fournit des données sur l'activité des loueurs et le profil des hôtes dans des milliers de communes de France.

En saisissant le nom d'une ville, d'un département ou d'une région, un internaute peut ainsi connaître le revenu annuel médian auquel il peut prétendre s'il loue un bien, le nombre d’annonces disponibles ou encore le nombre de voyageurs accueillis au cours des douze derniers mois. Ces données sont celles arrêtées au 1er septembre 2017 mais seront actualisées tous les ans, précise Airbnb dans un communiqué.

Ainsi, un propriétaire qui met en location sa maison ou son appartement peut espérer gagner 6400 euros par an à Porto-Vecchio, 5100 euros à Deauville ou encore 2800 euros à Nice. Mais certaines destinations, parfois surprenantes, rapporteraient bien plus. Le Parisien a dressé ce mardi un palmarès des locations les plus rentables. D'après le quotidien, les loueurs d'Arbonne-la-Forêt (Seine-et-Marne) seraient les grands gagnants avec 11.200 euros de revenu médian, suivis de ceux d'Alex (10.700 euros), en Haute-Savoie, et d'Etretat (10.000 euros), en Normandie.

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- © Airbnb

Retombées économiques

À Paris, le revenu médian collecté par les bailleurs est bien moins important (2300 euros), mais les retombées, elles, sont colossales. L'impact économique d'Airbnb dans la capitale, son deuxième marché dans le monde, est estimé à 1,7 milliard d'euros. Ce poids s’explique par l’engouement des Français pour la plateforme, qui revendique 8,3 millions de voyageurs en 2016, contre 4,7 millions l’année précédente.

Selon le géant américain, cet outil "informatif et ludique permettra aux habitants de découvrir le potentiel touristique, parfois insoupçonné, de leur commune, et les revenus annuels type qu’ils pourraient dégager en devenant hôte à leur tour". De leur côté, les municipalités pourront "mieux suivre le développement de l’activité touristique via Airbnb sur leur commune, et son impact positif sur l’attractivité de leur commune ou le pouvoir d’achat de leurs administrés".

Opération transparence ou coup de communication pour démystifier le phénomène Airbnb? "Je suis convaincu que par la transparence, on arrive à avoir des discussions plus constructives", a déclaré ce mardi Emmanuel Marill, directeur d'Airbnb France, sur l'antenne de BFM Business. "Nous voulons montrer qu'on est présent dans 20.000 communes en France, que Airbnb n'est pas un phénomène parisien (...) mais une plateforme qui est aujourd'hui partout en France et qui participe à la dispersion du tourisme", a souligné le dirigeant.

Une chose est sûre, Airbnb semble faire le dos rond à l'heure où le ton monte avec la mairie de Paris, qui demande un décret pour sanctionner les plateformes qui ne respectent pas la loi.

Julien Mouret