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Immobilier: 200 000 euros d’apport pour acheter à Paris

Le propriétaire parisien de 2012 a 37 ans, il gagne près de 8000 euros par mois, et son apport pour acheter son bien s’élève à presque 200 000 euros.

Le propriétaire parisien de 2012 a 37 ans, il gagne près de 8000 euros par mois, et son apport pour acheter son bien s’élève à presque 200 000 euros. - -

Selon une étude Empruntis publiée ce 19 novembre, l’apport moyen pour acheter ainsi que le salaire minimum de l’acheteur bat des records dans toutes les régions. Mais comme d’habitude, c’est encore plus flagrant entre les murs de la capitale. Reportage vidéo: Diane Gouffrant et Pierre-Antoine Durand.

Le propriétaire parisien de 2012 a 37 ans, il gagne près de 8000 euros par mois, et son apport pour acheter son bien s’élève à presque 200 000 euros. Un portrait dressé par le bilan Empruntis de 2012 qui étudie le profil de l’acheteur selon les régions, paru ce lundi. Ce n’est pas nouveau, l’immobilier de la capitale est réservé à une élite.

"Des revenus extraordinairement élevés, un apport hors du commun, l’emprunteur parisien est à part" reconnaît Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole d’Empruntis. Elle s’interroge : "A part quelques chanceux disposant d’un gros héritage, quel primo-accédant lambda dispose d’une épargne flirtant avec les 200 000€ ?".

50 000 euros, le prix d'un studio parisien il y a quinze ans

Les autres régions ne sont pas mieux loties. Le montant de l’apport bat des records dans toute la France. "C’est la première fois que son montant moyen dépasse les 50 000 euros", souligne Maël Bernier. Elle rappelle que pour ce prix-là, il y a quinze ans, on pouvait acquérir "un bien immobilier correct en province ou un studio à Paris" !

Aujourd’hui, le montant moyen d’un appartement dans un des arrondissements de la capitale est de 275 000 euros, soit le montant moyen le plus cher de France, loin devant l’Île-de-France dans son ensemble, où le prix moyen du bien est de 202 000 euros.

Empruntis explique cette hausse de l’apport notamment par la frilosité des banquiers, qui réclament des sommes toujours plus importantes. Autre signe de cette méfiance : la baisse de la durée des prêts (20 ans cette année contre 20 ans et neuf mois en 2011). Les établissements financiers rechignent en effet de plus en plus à proposer des crédits à très long terme.

A l’autre bout du spectre, il y a l’Est de l’Hexagone. Les Français y achètent plus jeunes (35 ans) avec l’apport le plus faible (31 860€) et le salaire médian le plus bas (3919€). Logique: c’est aussi là que la valeur moyenne du bien acquis est la plus faible, à 144 000 euros environ.

Enfin, c’est la seule zone géographique avec le Sud-ouest où le montant moyen emprunté baisse fortement. Un recul qui compense la hausse dans les autres régions et fait que la somme totale des crédits immobiliers reste stable en 2012 par rapport à l’année dernière.

Nina Godart