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Airbnb veut imposer aux loueurs une limite de 120 nuitées par an à Paris

La plateforme de location touristique Airbnb a proposé mardi de limiter "automatiquement" la location d'un logement par son propriétaire à 120 nuitées par an à Paris.

La plateforme de location touristique Airbnb a proposé mardi de limiter "automatiquement" la location d'un logement par son propriétaire à 120 nuitées par an à Paris. - John Mac Dougall - AFP

Le site de location touristique veut mettre en place "des limites automatisées" à Paris pour s'assurer que certains logements proposés sur Airbnb ne soient pas loués plus de 120 nuits par an, comme l'impose la loi. Sauf si les hôtes ont la permission requise pour le faire.

Airbnb veut-il s'acheter une bonne conduite auprès de la mairie de Paris? Accusée de concurrence déloyale par les hôteliers, la plateforme de location touristique a proposé mardi d'imposer aux 50.000 utilisateurs qui louent leur logement via le site "une limite automatique" à 120 nuitées par an dans la capitale. C'est ce qu'a confié Emmanuel Marill, le nouveau directeur général de la filiale française du géant américain, dans une interview au Parisien.

La loi Alur, adoptée en 2014, stipule déjà que les particuliers ne peuvent pas louer leur résidence principale au-delà de cette durée, sauf s'ils ont une autorisation pour le faire "parce que ce sont des professionnels, qu'ils sont mutés pendant six mois, qu'ils ont un bail touristique...", précise le dirigeant. La nouveauté viendrait donc du blocage automatique de la location sur le site.

Selon Emmanuel Marill, cette proposition vise à "continuer à promouvoir des pratiques responsables qui s'inscrivent dans la durée" et "fait suite à l'introduction d'initiatives similaires à Londres et à Amsterdam". Le site présente cette initiative comme une "alternative" à la mise en place d'un numéro d'enregistrement pour les loueurs, souhaitée par la mairie de Paris.

Une simple "opération de communication"?

La proposition "intéressante" d'Airbnb démontre que "tout le monde s'accorde sur le fait qu'on ne peut pas laisser le système se développer sans régulation", a déclaré à l'AFP Ian Brossat, l'adjoint PCF au Logement de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. 

Roland Héguy, président de la principale organisation des hôteliers et restaurateurs, l'Umih, estime pour sa part que l'annonce du site est "une simple opération de communication" visant à "s'acheter une bonne conduite". "Il n'y a rien de nouveau" dans la proposition d'Airbnb, a-t-il affirmé. "Les pouvoirs publics ne doivent pas se laisser enfumer par ces déclarations".

Même réserve pour Didier Chenet, président du syndicat patronal GNI: "Airbnb essaie de s'approprier des décisions alors qu'elles sont tout simplement des obligations formulées par la loi", a-t-il commenté auprès de l'AFP. Le gouvernement doit, selon lui, "sortir les décrets d'application (de la loi sur une République numérique) le plus rapidement possible".

J.Mo. avec AFP