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À Saint-Tropez, la vente du presbytère crée la polémique

Le 38 rue Gambetta a été vendu 8 millions d'euros.

Le 38 rue Gambetta a été vendu 8 millions d'euros. - Google

Le vieux presbytère de Saint-Tropez va être vendu pour 8 millions d'euros à un promoteur belge. Ce qui ne manque pas de faire grincer quelques dents parmi les habitants, qui avaient contribué financièrement à la réhabilitation du lieu il y a une dizaine d'années.

Le vieux presbytère de Saint-Tropez, le plus cher de France, est en passe d'être vendu pour environ 8 millions d'euros, soit plus de 30.000 euros du m2, une opération immobilière qui fâche dans la célèbre station balnéaire. Selon Var Matin et la Libre Belgique, c'est un promoteur belge spécialisé dans l'immobilier commercial, Patric Huon, nostalgique de ses vacances à Saint-Tropez, qui va racheter les lieux pour ses vieux jours, avec un projet de boutique au rez-de-chaussée qui donnera sur le carré d'or, la place de Garonne.

"Ce sont les tarifs de Saint-Tropez. (...) Ce sera investi dans la formation des séminaristes", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'évêché de Fréjus-Toulon, Aymeric Floury, confirmant la signature d'un compromis de vente annoncée par Var Matin. Le diocèse de Fréjus-Toulon compte 60 à 90 séminaristes (futurs prêtres) en formation et le nouveau presbytère de Saint-Tropez, acheté et rénové un kilomètre plus loin, abritera les deux prêtres (le curé et le vicaire qui l'assiste) de Saint-Tropez et un séminariste. "Il aura plus de parkings et un accès handicapé", souligne Aymeric Floury.

"Saint-Tropez, l'hiver et 10 mois par an, c'est un trou"

Mais pour les Tropéziens, la pilule a du mal à passer. "Des parkings mais pour qui? Qui va monter là-haut? Saint-Tropez, l'hiver et 10 mois par an, c'est un trou. Nous, on s'en fout du pognon, on veut que le curé reste au centre du village. Le presbytère, il est là depuis 90 ans, c'est l'endroit où le curé reçoit les gens, les accueille!", enrage Serge Astezan, le "cepoun" ou gardien des traditions de Saint-Tropez. Furieux et désabusé, il ne veut pas en dire plus.

D'autres rappellent que paroissiens et habitants ont été mis à contribution il y a une dizaine d'années pour la réhabilitation des lieux. En effet, ils ont permis de récolter 391.000 euros. Ce bâtiment avait été offert par un Tropézien à l'évêché en 1928 pour que les curés de la ville soient au plus près de l'église et des paroissiens. "Être pris pour des imbéciles à ce point, le gens en ont marre. L'évêque est un puits sans fond, bien vu au Vatican, mais il plume tout!", fulmine Jean-Paul Bracco, organisateur de la "Bravade", fête patronale traditionnelle. Une pétition continuera de circuler jusqu'à dimanche.

Mais pour Aymeric Floury, ce déménagement est nécessaire. "On comprend bien. Les Tropéziens perdent une maison à laquelle ils sont attachés mais il faut bien voir que même la gendarmerie (rendue célèbre par les films de Louis de Funès, NDLR) a déménagé. Le curé actuel est au milieu de boutiques de luxe, dans le bruit. Pendant l'été, c'est quand même terrible. C'est quelqu'un qui prie et qui a besoin d'un peu de calme et de silence".

D. L. avec AFP