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Augmentation du prix du timbre : le cercle vicieux de la Poste

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Le prix du timbre va augmenter de 5% en moyenne, avec une fourchette allant de 4,8% à 7,5% selon le type de courrier. La poste indique que cette hausse plus forte que l’inflation ne coûtera néanmoins que très peu aux ménages compte tenu du volume de lettres qu’ils expédient.

Cela fait plusieurs années que le prix du timbre s’envole. Depuis 1983, il a augmenté comme la moyenne des prix, mais depuis 10 ans, les prix ont augmenté de 18% et le timbre de 26%. Et l’accélération se confirme avec les augmentations prévues au 1er janvier.

Cette hausse des prix a pour but de maintenir le chiffre d’affaires alors que le volume de courrier transporté diminue. En 10 ans, il baissé de 20% et lors du conseil d’administration du début de l’été dernier, le président sortant pronostiquait une baisse supplémentaire de 30% dans les 5 ans qui viennent.

Normalement, en économie quand on vend moins, pour attirer le client, on a plutôt tendance à baisser ses prix. Et là on fait le contraire.

Il faudrait donc baisser le prix du timbre plutôt que de l'augmenter ?

En fait le problème est plus large. Les dirigeants de la Poste parlent des conséquences de la crise économique sur leur activité. Mais ce qui a le plus de conséquence, c’est l’évolution technologique. Autrefois, on s’écrivait. Maintenant, on échange des messages par mail et de plus en plus par les réseaux sociaux. La Poste qui est un monopole depuis sa création sous Louis XI a du mal à comprendre que la concurrence ne vient pas et ne viendra pas d’autres services postaux mais de la mutation des modes de transmission de l’information.

Quand à l’Etat, il est comme toujours dans l’ambiguïté. On parle de nécessité de maintien du « service public » au travers de la présence de 17 000 guichets de poste. Le maître mot en la matière est « l’aménagement du territoire ». Mais l’Etat qui devrait compenser le sur coût que cela représente pour la Poste ne le fait pas entièrement. Le manque à gagner pour elle a été de 110 millions d’euros cette année et en 2014, cela devrait s’aggraver.

Sombres perspectives

Si on garde une vision de la Poste du XXe siècle, oui. Mais il y aura toujours besoin de transporter des objets, d’authentifier des dates de départ de certains plis. Le nom de Poste est une marque et on peut s’en servir. Néanmoins, il ne faut pas se leurrer : même si la Poste se modernise, elle ne pourra pas continuer à employer autant de monde : elle emploie 267 000 personnes dont 90 000 facteurs…

Jean-Marc Daniel