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Pourquoi payer par carte bancaire devrait bientôt coûter moins cher

La réglementation européenne offre, à partir du 9 juin 2016, aux commerçants et aux consommateurs le droit de choisir le réseau de paiement qui traitera leurs transactions par carte bancaire.

La réglementation européenne offre, à partir du 9 juin 2016, aux commerçants et aux consommateurs le droit de choisir le réseau de paiement qui traitera leurs transactions par carte bancaire. - Joe Raedle-Getty Images North America-AFP

"Bruxelles accorde aux clients et commerçants le droit de choisir leur réseau de paiement lors d'achats par carte bancaire. La concurrence de Visa et Mastercard va s'en trouver renforcée et devrait faire baisser la commission interbancaire souvent répercutée sur l'achat du client."

La Commission européenne s'attaque au coût des commissions prélevées sur les paiements par carte bancaire. Ce 9 juin 2016, de nouvelles règles entrent en vigueur en offrant au commerçant et à l'acheteur, le choix de leur réseau de paiement lors des transactions effectuées par carte.

"Pendant des années, une grande opacité a entouré les frais facturés par les banques lors de ces paiements par carte, alors que les coûts étaient répercutés, au final, sur les consommateurs. Le règlement sur les commissions d'interchange a plafonné ces frais (depuis décembre 2015, NDLR) et a rendu les paiements par carte plus transparents. Pour des millions de consommateurs et de détaillants européens, cela est synonyme d'une diminution des coûts" a déclaré Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence.

Avec l'ensemble de ces mesures, la Commission veut faire baisser les commissions interbancaires prélevées lors de chaque achat, en introduisant plus de transparence et plus de concurrence. Ces commissions d'interchange sont payées par la banque du commerçant à celle du client, puis refacturées au détaillant lors de chaque paiement par carte. 

Les cartes "co-badgées" sont majoritaires en Europe

Le principal changement intervenant ce 9 juin 2016 concerne le choix du réseau de paiement au moment de l'achat, pour les millions de cartes incluant plusieurs marques de paiement, qu'on appelle le"co-badgeage". En France, une très grande majorité des cartes bancaires arborent le double logo, celui du réseau bancaire national et du réseau international (Visa ou Mastercard) affilié. De même en Italie, il est courant d’avoir Bancomat/PagoBancomat et Maestro sur une seule carte et au Danemark, Visa et Dankort.

Grâce aux nouvelles règles, "les consommateurs peuvent sélectionner, et les détaillants promouvoir, la marque présentant le meilleur rapport coût-efficacité afin de réduire les coûts" explique-t-on à Bruxelles. En particulier, les détaillants pourront installer une marque (de réseau de paiement) préférée dans leurs terminaux de paiement et les consommateurs auront le dernier mot au moment d'effectuer le paiement par carte bancaire. Dans le cas de l'e-commerce, ces informations devront être affichées sur le site web marchand.

Les terminaux de paiement des commerçants auront à s'adapter

Concrètement, pour se conformer à ces réglementation, les terminaux monétiques devront offrir (sur leur écran) la possibilité au consommateur de payer sur le réseau bancaire de son choix: celui du commerçant (par défaut) ou le sien. Ils devront être adaptés techniquement à cette nouvelle option.

Cette liberté offerte est a priori une aubaine pour les grands réseaux de paiement que sont Visa et Mastercard. Ceux-ci pourront séduire les commerçants et les enseignes pour capter directement, en baissant le prix des commissions d'interchange, ces transactions nationales et plus seulement celles des achats effectués à l'étranger par le porteur de la carte. Aujourd'hui, le GIE carte bancaire assure majoritairement cette captation en France tout en étant interconnecté aux réseaux Visa et Mastercard.

"Ces règles permettent d’éliminer presque totalement la surfacturation lors des paiements par carte des consommateurs. Ce règlement apportera donc des avantages directs aux consommateurs européens" conclut Jonathan Hill, commissaire pour la stabilité financière, les services financiers et l'union des marchés de capitaux.

Frédéric Bergé