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Pourquoi les banques n'ont pas à avoir peur du bitcoin

Le bitcoin est passé de mode dans les médias

Le bitcoin est passé de mode dans les médias - Karen Bleier - AFP

Dans un entretien avec le journal suisse Le Temps, Jon Matonis, l'un des créateurs de la Fondation Bitcoin, explique que les banques ne doivent pas craindre l'émergence de la monnaie virtuelle. Au contraire, celle-ci représente des opportunités pour elles.

L'effervescence autour du bitcoin semble aujourd'hui quelque peu retombée. Après avoir été sous les feux des projecteurs dans le passé, la monnaie virtuelle fait désormais moins la une de la presse. Jon Matonis, l'un des gourous du bitcoin à l'origine de la création de la Fondation pour la monnaie virtuelle le confirme dans un entretien au journal suisse Le Temps, lundi 12 octobre.

A la question "est-ce que le bitcoin est passé de mode?", il répond "en termes médiatiques, certainement". "L’envolée des cours du bitcoin en 2013 était un épisode que l’on peut qualifier d’hystérique. Ce qui n’a pas empêché son déploiement de se poursuivre depuis, par un long travail de fond, forcément moins glamour", développe-t-il. Il en veut pour preuve "les montants records investis dans les infrastructures bitcoin, en hausse annuelle de 51% depuis 2014".

"Rien qu’au premier trimestre de cette année, 229 millions de dollars ont été injectés dans le secteur, contre 676 millions ces trois dernières années", ajoute-t-il.

"Le bitcoin n'a pas de moralité"

Face à la progression de cette monnaie qui n'est contrôlée par aucune banque centrale, les établissements traditionnels doivent-ils trembler? Non, répond Jon Matonis. "Au contraire, il faut le voir comme une opportunité. Les intermédiaires financiers peuvent jouer un rôle de dépositaire, offrir des services de forex, imaginer des produits dérivés de cette crypto-monnaie ou assurer avec des paiements de type carte de crédit, etc", affirme-t-il.

"Le bitcoin, qui est appelé non pas à remplacer mais à coexister avec les monnaies nationales, représente plutôt un danger pour les banques centrales", poursuit-il. Car la monnaie virtuelle "permet de s’affranchir de la traditionnelle planche à billets pour notamment influencer les taux d’intérêt", détaille l'expert.

Interrogé ensuite sur les risques de cyberpiratage du système, il reconnaît que des failles sont possibles. "Mais de la même manière que vous ne pouvez pas blâmer la Banque centrale suisse d’un braquage de l’UBS, vous ne pouvez pas mettre la faute d’un vol de monnaie virtuelle sur la cryptographie", explique-t-il. Et Jon Matonis de conclure que "le bitcoin n’a pas de moralité. Ce n’est qu’un outil. Contrairement aux individus, qui peuvent adopter des comportements criminels".

J.M.