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Pour la BCE "l'activité économique devrait reprendre à petit tempo"

Mario Draghi a voit un léger mieux dans l'économie

Mario Draghi a voit un léger mieux dans l'économie - -

La Banque centrale européenne a décidé de maintenir inchangé son taux directeur, à 0,5%, ce jeudi 1er août. Mais son président, Mario Draghi, a réaffirmé qu'une baisse des taux pourrait survenir à l'avenir.

Ce n'est pas vraiment une surprise. La Banque centrale européenne, qui a choisi, ce jeudi 1er août de maintenir inchangé son principal taux directeur à 0,5%, a constaté une légère amélioration de la conjoncture.Le CAC40 a plutôt apprécié, poursuivant sa hausse durant son discours, et franchissant les 4.000 points.

"Après six trimestres de baisse consécutifs, les récents indicateurs de confiance ont démontré une certaine amélioration de la confiance dans la zone euro, par rapport aux niveaux [jusque-là] bas", a ainsi constaté Mario Draghi, reprenant à son compte les résultats des indices PMI de l'activité privée, publiés la semaine dernière et confirmés ce mercredi. Des données "qui confirment nos prévisions", a-t-il fait valoir.

Ainsi "l'activité économique devrait reprendre à petit tempo", a affirmé Mario Draghi, expliquant que la reprise va "être progressive pour le reste de l'année et au début 2014".

Elle sera notamment portée par des exportations draînées par la demande mondiale, ainsi que par l'amélioration des marchés qui "se fait peu à peu ressentir dans l'économie réelle". Il estime aussi que les pays de la zone euro ont amélioré leur compétitivité, ce qui se traduit par une reprise des exportations. Il a également assuré "ne pas voir de déflation en Europe".

Des risques pour l'économie

Mario Draghi a néanmoins pointé plusieurs risques pour l'économie, citant une demande mondiale et domestique plus faible qu'anticipée ainsi qu'une "mise en œuvre plus lente des réformes structurelles plus faible de la part des pays membres".

Il a également souligné que la dynamique des crédits reste "retenue", même s'il voit des "effets" positifs. Ce parce que la fragmentation bancaire, c’est-à-dire la différence des conditions de crédit accordés au secteur privé entre les pays, persiste.

En conséquence, Mario Draghi a réaffirmé que les taux d'intérêts de la BCE "perdureront à leur niveau actuel, où à des niveaux inférieurs sur une période prolongée", reprenant ainsi ses déclarations de la précédente conférence. Interrogé sur le sens de "cette période", il a précisé qu'elle durerait "aussi longtemps que l'inflation reste modérée face à une faible activité économique.

La BCE veut fournir une information "plus riche en contenu"

Concernant la communication de la BCE, sujet actuellement très scruté par les observateurs, Mario Draghi a confirmé que son institution songe à publier "ses minutes", c’est-à-dire les comptes-rendus de ses délibérations de la politique monétaire.

"Il s'agit de fournir une information plus riche en contenu sans remettre en cause l'indépendance du conseil des gouverneurs [de la BCE] et politiser ainsi le débat", a-t-il précisé.Une proposition sur ce sujet sera soumise à l'automne au directoire de la BCE, a indiqué Mario Draghi.

Pour le moment la BCE garde ces "minutes" secrètes pour une période de 30 ans, contrairement à d'autres institutions comme la Réserve Fédérale américaine ou la Banque d'Angleterre.

Julien Marion