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Perte gigantesque pour UniCredit

Une réduction de 8.500 postes est prévue d'ici à 2018.

Une réduction de 8.500 postes est prévue d'ici à 2018. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La première banque italienne a enregistré, pour 2013, une perte de 14 milliards d'euros, a-t-elle annoncé mardi 11 mars. Mais grâce aux provisions passées, les investisseurs restent confiants.

Too big to fail? La perte gigantesque d'UniCredit n'inquiète personne. La banque italienne a accusé une perte de 15 milliards d'euros au quatrième trimestre 2013, a-t-elle annoncé mardi 11 mars. Les analystes s'attendaient à une perte d'un demi-milliard. Sur l'ensemble de l'année dernière, elle se monte à 14 milliards d'euros.

C'est l'une des plus importantes pertes jamais annoncées par une banque européenne. En 2012, le bénéfice net d'Unicredit s'était élevé à 865 millions d'euros.

La perte géante annoncée correspond en grande partie (9,3 milliards d'euros) à des écarts d'acquisition, a expliqué la banque. Ces derniers sont sans effet sur les ratios de capitaux et sur la liquidité du groupe. Les provisions pour créances douteuses sur l'ensemble de l'année sont en hausse de 46,8% à 13,7 milliards d'euros et le chiffre d'affaires a accusé une baisse de 4,1% à 24 milliards d'euros.

Quant à la réévaluation de la part d'Unicredit dans le capital de la Banque d'Italie à la suite d'une récente décision en ce sens du gouvernement italien, elle lui a apporté un gain comptable de 1,4 milliard d'euros hors taxes, indique-t-elle.

Unicredit a également expliqué avoir mis de côté 699 millions d'euros destinés à des coûts de restructuration. Ces derniers correspondent pour l'essentiel à un plan de réduction de 8.500 postes d'ici à 2018, dont plus de 5.700 en Italie. La banque comptait environ 148.000 salariés fin septembre 2013.

Cette vaste restructuration fait partie du nouveau "plan stratégique 2013-2018", également présenté mardi par la banque. Il lui permettra de dégager un bénéfice net d'environ 2 milliards d'euros en 2014 et de 6,6 milliards en 2018.

L'Italie sort de récession

L'annonce de ses pertes, qui a coïncidé avec la confirmation par l'Institut des statistiques Istat que l'Italie était enfin sortie de plus de deux ans de récession au 4è trimestre 2013, n'a nullement choqué les marchés. La première surprise passée, le titre Unicredit a bondi en flèche à la Bourse de Milan. Il a clôturé en hausse de 6,21% à 6,415 euros.

Selon l'agence financière Radiocor, cette satisfaction des investisseurs s'explique par le fait que la banque dispose désormais grâce aux énormes provisions passées qui expliquent le niveau de ses pertes d'une bonne couverture face aux créances douteuses, qui se multiplient en Italie sous l'effet de la crise. Mais aussi parce qu'elle semble exclure de fait le recours à une augmentation de capital.

Ce coup de balai précède par ailleurs de peu les tests auxquels devront se soumettre cette année les principales banques de la zone euro sous la houlette de la Banque centrale européenne et de l'Autorité bancaire européenne (EBA).

D. L. avec AFP