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Bâle III: pourquoi les banques ont gagné la bataille

Le comité de Bâle a assoupli les règles en matière de liquidités pour les banques

Le comité de Bâle a assoupli les règles en matière de liquidités pour les banques - -

Les régulateurs du comité de Bâle ont décidé d'assouplir les règles en matière de liquidités, dimanche 6 janvier. Mais ils n'avaient pas vraiment le choix.

Les banques ont obtenu gain de cause. Les régulateurs du comité de Bâle ont décidé d'assouplir les règles en matière de liquidité. Les banques vont bénéficier de plus de temps et pourront utiliser des actifs de moins bonne qualité que prévu pour atteindre ce ratio. Les régulateurs ont dû se rendre à l'évidence : ces nouvelles règles étaient trop risquées.

D'abord, les banques, contraintes de mettre davantage de liquidités en réserve, menaçaient de distribuer moins de crédits, ce qui aurait pénalisé encore un peu plus la croissance.

L'économie européenne aurait été d'autant plus fragilisée que les banques américaines, elles, ont décidé de reporter à plus tard l'application de ces nouvelles règles.

Les banques européennes très dépendantes de la BCE

Autre argument, et c'est sans doute celui qui a le plus pesé aux yeux des régulateurs, les banques européennes sont encore très dépendantes de la Banque centrale européenne. La BCE leur a prêté 1000 milliards d'euros sur trois ans, et cet argent doit être remboursé d'ici fin 2014.

Certaines banques auraient eu bien du mal à restituer cet argent tout en se pliant aux nouvelles règles.

En bref, tout poussait les régulateurs à assouplir leur position. Et ils ont frappé fort, puisque les banques vont bénéficier non seulement de quatre ans de plus, mais elles pourront aussi utiliser des actifs de moins bonne qualité, comme des prêts immobiliers titrisés. Autant dire qu'on est très loin des exigences de départ.

Caroline Morisseau