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Louis Godron: "la situation est grave" pour le capital investissement

Pour Louis Godron, "les ETI et les PME "ont besoin de 42 milliards d'euros de fonds propres pour se recapitaliser"

Pour Louis Godron, "les ETI et les PME "ont besoin de 42 milliards d'euros de fonds propres pour se recapitaliser" - -

Invité de BFM Business, ce mercredi 27 mars, le président de l'AFIC a appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures pour financer le capital-risque. Pour lui, il convient également de préférer les fonds propres à la dette.

Louis Godron a d'emblée annoncé la couleur, ce mercredi 27 mars, dans l'émission Le Grand Journal de BFM Business. "La situation est grave",a ainsi affirmé le président de l'association française des investisseurs pour la croissance (AFIC), qui regroupe les grands acteurs du capital-investissement en France.

"Depuis plus de quatre ans, les investissements que nous faisons dans l'économie sont supérieurs aux capitaux que nous arrivons à lever auprès des investisseurs institutionnels, cette situation devient intenable", a-t-il poursuivi.

La frilosité de ces investisseurs est à l'origine de cette pénurie de financement. "Un institutionnel, en temps de crise, n'a pas forcément envie d'investir dans une start-up ou une PME au travers d'un fonds", a-t-il reconnu.

Une culture de l'investissement peu orientée vers les actions

Il a également estimé "qu'en France nous avons une culture peu orientée vers l'investissement en actions, et encore moins en actions non cotées".

Le président de l'AFIC a ensuite cité un rapport de la Banque de France pour souligner que les ETI et les PME "ont besoin de 42 milliards d'euros de fonds propres pour se recapitaliser". "Et il ne s'agit que de l'argent nécessaire pour rééquilibrer leur bilan, cela ne recouvre pas le financement des nouveaux projets", a-t-il ajouté.

"Il y a un besoin des entreprises en fonds propres", a-t-il encore appuyé, jugeant que le financement par fonds propres doit être préféré à l'emprunt.

Des incitations fiscales pour draîner l'épargne

Louis Godron a ensuite évoqué deux solutions: la première serait d'arriver à convaincre les investisseurs institutionnels d'orienter "une fraction de l'épargne financière qu'ils gèrent vers le capital investissement".

Autrement, il faut ,selon lui ,"trouver les moyens, notamment sur le plan fiscal et sur le dimensionnement des produits, pour qu'une partie de l'épargne à long terme soit allouée au financement des start-ups, au capital investissement".

A ce titre, les députés PS Karine Berger et Dominique Lefebvre devaient rendre, ce mercredi 27 mars un rapport sur la réforme de l'épargne financière. Une échéance qui, une nouvelle fois, a été repoussée. Mais Louis Godron a expliqué avoir fait entendre "le message" de l'AFIC aux deux députés.

J.M.