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Les grandes banques européennes ont supprimé 80.000 postes en 2013

Unicredit est, selon Reuters, la grande banque européenne qui a le plus réduit les effectifs.

Unicredit est, selon Reuters, la grande banque européenne qui a le plus réduit les effectifs. - -

Selon un décompte effectué par l'agence Reuters, les trente plus grandes banques européennes ont réduit leurs effectifs de 3,5%, l'an dernier. Bankia, Unicredit et BBVA font partie des établissements qui ont supprimé le plus de postes.

Le chiffre, de façon absolue, est colossal. Selon les calculs de l'agence Reuters, en 2013, les 30 plus grands établissements bancaires de l'Union européenne ont supprimé 80.000 postes. L'agence de presse explique s'être basée sur les rapports annuels de chacune de ces sociétés.

L'italienne UniCredit a supprimé 8.490 emplois, le chiffre le plus élevé parmi les 30 banques étudiées. Elle explique dans son rapport annuel qu'une partie des postes concernés correspond à l'externalisation de certaines activités informatiques à des coentreprises.

Des restructurations

De son côté, Bankia a supprimé 23% de ses emplois. La banque était tenue de prendre ces décisions pour se plier aux conditions posées par le plan d'aide au secteur financé par l'Union européenne.

Le groupe belge KBC, lui, cite les cessions d'actifs comme la principale explication à ses 7.938 suppressions d'emploi (22% de ses effectifs). Il a entre autres vendu sa filiale russe Absolut Bank et la serbe KBC Banka. L'espagnol BBVA, qui met lui aussi en avant des cessions d'actifs, a supprimé 6.547 emplois, soit 23% du total.

Trois banques seulement ont augmenté leurs effectifs en 2013: la britannique Barclays, la suédoise Handelsbanken et l'allemande Deutsche Bank. Mais ces embauches ont été inférieur à 770 au total, un chiffre extrêmement modeste rapporté à l'effectif global.

Peu d'espoir de voir un retour aux recrutements massifs

L'agence Reuters explique néanmoins que le rythme des suppressions de postes des grandes banques européennes a ralenti de près de moitié l'année dernière et que la plupart des banques arrivent pratiquement au bout des plans de coupes et des cessions.

Antoine Morgaut, directeur général pour l'Europe et l'Amérique du Sud du cabinet Robert Walters ne s'attend toutefois pas à voir l'emploi dans le secteur bancaire revenir un jour à son niveau d'avant la crise de 2008, déclenchée par la faillite de Lehman Brothers.

Depuis cette époque, les effectifs globaux des 25 banques sur 30 pour lesquelles des chiffres comparables sont disponibles ont diminué de 252.000 environ pour revenir à 1,7 million de personnes.

J.M.