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Les banques françaises réussissent les stress tests

Les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont passé vendredi avec succès les tests de résistance menés par les autorités européennes, ce qui écarte tout besoin de recapitalisation. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Woj

Les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont passé vendredi avec succès les tests de résistance menés par les autorités européennes, ce qui écarte tout besoin de recapitalisation. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Woj - -

par Jean-Baptiste Vey et Matthieu Protard PARIS (Reuters) - Les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont passé...

par Jean-Baptiste Vey et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont passé vendredi avec succès les tests de résistance menés par les autorités européennes, ce qui écarte tout besoin de recapitalisation.

La Banque de France a précisé qu'à l'issue du test intégrant un scénario de dégradation économique pire que prévu et une nouvelle crise sur la dette souveraine européenne, les quatre banques françaises affichaient un ratio de solvabilité financière Tier One moyen de 9,3% à fin 2011.

Dans ce scénario, qui retient notamment une hypothèse de deux années de récession dans la zone euro en 2010 et 2011, les régulateurs européens exigeaient des 91 banques européennes testées qu'elles affichent un ratio d'au moins 6%.

La banque franco-belge Dexia, sauvée de la faillite à l'automne 2008, a aussi passé avec succès les tests avec un ratio de fonds propres Tier One de 10,9% à fin 2011.

Sept banques ont néanmoins échoué aux tests : cinq établissements espagnols, une banque allemande et une grecque.

"C'était un peu attendu. On n'a pas de grosses surprises", commente un analyste financier basé à Londres qui n'a pas souhaité être nommé. "Sur la méthodologie, on pourra débattre longuement."

"La montagne a accouché d'une souris. Il n'y a pas eu de sang sur les murs mais juste du ketchup espagnol sur le tapis", souligne Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue.

Pour restaurer la confiance des investisseurs, l'Union européenne a soumis 91 banques européennes à des tests de résistance afin de s'assurer que leurs fonds propres étaient suffisants pour affronter une dégradation de la conjoncture économique et de nouveaux chocs financiers.

Conduits par le comité européen des contrôleurs bancaires (CECB) et tirant les enseignements de la crise de la dette grecque, les tests ont intégré les décotes de marché qui pénalisent la valeur de certaines obligations d'Etat.

PAS DE RECAPITALISATION EN VUE

Echouer aux tests, c'est-à-dire afficher un ratio Tier One inférieur à 6%, aurait imposé aux banques françaises de lancer une augmentation de capital pour accroître leurs fonds propres.

"Je n'ai aucun doute sur le fait qu'elles n'ont pas besoin de capital supplémentaire", a réagi Christine Lagarde, la ministre de l'Economie. "La défiance des marchés vis-à-vis des banques devrait disparaître."

"C'est un résultat satisfaisant, pas une surprise, c'est tout à fait confortant", a commenté Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France lors d'un point de presse.

Les craintes d'une contagion en Europe de la crise des finances publiques de la Grèce a lourdement pesé ces derniers mois sur les valeurs financières.

L'indice sectoriel Stoxx 600 des banques européennes cède plus de 4% depuis le début de l'année.

BNP Paribas abandonne près de 11%, SocGen recule de 22,4% et Crédit agricole -24,3%. Dexia affiche une baisse de 22,31%.

"Le vrai problème est qu'il y a une défiance du marché envers l'économie française, qui pèse sur les banques françaises", fait remarquer l'analyste londonien. "Les investisseurs trouvent que les réformes sont trop lentes en France."

LE CRÉDIT MUTUEL PAS TESTÉ

Pour tenter de rassurer les marchés, les banques ont également détaillé leur exposition à la dette souveraine de 30 Etats européens. Cette exposition s'élève à 240 milliards d'euros dont 43 milliards d'euros logés au sein de leur "trading book" (portefeuille d'actifs financiers).

Christian Noyer a expliqué que le CECB avait exclu dans ses scénarios un risque de défaut sur la dette d'un Etat européen.

Parmi les banques françaises, le Crédit mutuel n'a pas été soumis aux tests européens.

"On a pris les grandes banques transfrontières", a expliqué Christian Noyer, qui n'a pas jugé "indispensable" d'ajouter le Crédit mutuel à la liste des banques testées.

Avec la contribution de Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot