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Les banques américaines ne spéculeront plus sur les matières premières

Morgan Stanley est la dernière grande banque américaine à sortir du commerce des matières premières.

Morgan Stanley est la dernière grande banque américaine à sortir du commerce des matières premières. - -

Morgan Stanley a annoncé, ce lundi 23 décembre, avoir vendu son négoce de pétrole au russe Rosneft. Elle est la dernière grande banque américaine à réduire ses activités de spéculation sur les matières premières.

Morgan Stanley arrête de spéculer sur le pétrole. La banque américaine annonce ce lundi 23 décembre qu'elle vend son négoce de pétrole au groupe russe Rosneft. Elle devient ainsi la dernière en date à Wall Street à se défaire d'une part importante de ses activités dans les matières premières.

Pétrole, céréales et minerais n'ont plus la cote dans les établissements financiers américains. L'année 2013 aura vu plusieurs grands noms se défaire de leurs actifs dans ce secteur. En août, JPMorgan, première banque en négoce de matières première, cédait ainsi toutes ses activités dans ce domaine.

Délits d'initiés, escroqueries et manipulations de cours

C'est la fin d'une décennie d'amour. En 2003, les banques américaines obtiennent l'autorisation de vendre et d'acheter elles-mêmes des produits de base. En 2008, la Réserve fédérale américaine (Fed) leur octroie même le droit d'investir dans le raffinage et la transformation de ces denrées.

Mais avec le ralentissement de l'économie mondiale, le secteur est devenu moins juteux. Et surtout, le durcissement des règles de liquidité après la crise financière ne leur permet plus de mener des activités aussi gourmandes en fonds propres.

En outre, nombre de banques ont dû verser de copieuses amendes en raison de soupçons de malversations sur ces marchés. JPMorgan a payé 500 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites pour manipulation des prix de l'électricité en juillet 2013. Goldman Sachs est, elle aussi, inquiétée pour gonflement des prix des métaux…

Délits d'initiés, escroqueries et autres fraudes. Ces affaires ont pris une telle ampleur que la Fed se penche aujourd'hui sur les actifs physiques de matières premières détenus par les banques et pourrait revenir sur l'autorisation d'y investir pour leur compte propre.

N.G.