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La future gendarme des banques européennes sera française

Danièle Nouy a effectué la majeure partie de sa carrière au sein de la Banque de France.

Danièle Nouy a effectué la majeure partie de sa carrière au sein de la Banque de France. - -

L'actuelle secrétaire générale de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution est auditionnée, ce mercredi 27 novembre, devant le Parlement européen. Un feu vert des eurodéputés nécessaire pour prendre la tête du superviseur bancaire européen.

Une Française à la tête du superviseur unique des banques européennes. Ce mercredi 27 novembre, Danièle Nouy, l'actuelle secrétaire générale de l'ACPR (l'Autorité de contrôle prudentielle et de résolution) le gendarme français des banquiers et assureurs, est auditionnée par le Parlement européen.

Cette audition fait suite à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de proposer la haute fonctionnaire française pour prendre la présidence du superviseur bancaire européen unique, rôle qui sera assumé par la BCE elle-même.

Danièle Nouy va ainsi, sauf surprise, incarner le visage du gendarme de plus de 130 banques dans la zone euro. Ceratins perçoivent, derrière cette nomination, une façon pour la BCE de répondre aux critiques du Parlement européen, qui accuse la banque centrale de ne compter aucune femme au sein de son directoire, alors que sa consoeur américaine, la Fed, aura bientôt Janet Yellen comme présidente.

Une forte expérience dans la régulation bancaire

La nomination de Danièle Nouy ne se résume pas à ce simple gage donné au Parlement européen. Agée de 63 ans, Danièle Nouy a voué sa carrière à la régulation bancaire. Elle a débuté à la Banque de France, en 1974. Deux ans après, cette mère de deux enfants rejoint la Commission de contrôle de banques. Elle y restera de nombreuses années, à différents postes.

De 1996 à 2003, elle poursuit sa carrière au sein du Comité de Bâle, qui édicte les normes bancaires mondiales. Elle devient secrétaire générale de la Commission bancaire en 2003, puis occupe le même poste à l'ACPR à sa création, en 2010. Elle a aussi assumé la présidence de l'Autorité bancaire européenne de 2006 à 2008. Le CV de cette fille d'un salarié de banque rennais semble donc taillé sur mesure pour briguer le poste.

Zones d'ombres

La future chef du superviseur bancaire européenne est réputée discrète mais stricte et rigoureuse. "Nouy a une réelle connaissance du milieu bancaire et est très respectée. Cela tient principalement à son caractère fort mais cela ne signifie pas qu'elle n'est pas ouverte à la discussion, bien au contraire", explique à l'AFP un acteur du milieu bancaire.

Quelques ombres ont toutefois ponctué son mandat à la tête de l'ACPR. Le principal est la quasi-faillite de la Banque Dexia en 2011, que les régulateurs français et belge n'ont pu prévenir. C'est également sous son mandat que les banques françaises ont connu d'importants soucis de financements en dollars, au deuxième semestre 2011.

Enfin, en 2009, un article de Libération posait la question de la responsabilité du régulateur français dans le dossier AIG France. Selon le quotidien, cette dernière société émettait les dérivés de crédit qui auraient conduit à la faillite de sa maison-mère américaine AIG.

Julien Marion avec AFP