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La BCE va-t-elle baisser ses taux cette semaine?

La BCE risque de temporiser une nouvelle fois, jeudi 6 mars.

La BCE risque de temporiser une nouvelle fois, jeudi 6 mars. - -

La Banque centrale européenne tiendra, jeudi 6 mars, sa conférence mensuelle. L'institution dirigée par Mario Draghi va-t-elle profiter de la stabilisation de l'inflation pour temporiser, ou au contraire décider d'agir?

Une bouffée d'oxygène pour la Banque centrale européenne (BCE)? Vendredi 28 février, Eurostat a publié les chiffres de l'inflation pour la zone euro au mois de février, avec un indicateur stable à 0,8%.

Ces données sont âprement suivies par la banque, gardienne de la stabilité des prix, qui cible un chiffre de 2%, soit un niveau bien plus faible que les 0,8% d'Eurostat. Faut-il en déduire pour autant que la BCE va agir lors de sa prochaine réunion, jeudi 6 mars? Les avis sont partagés.

D'un côté, certains estiment que la stabilisation de l'inflation va permettre à Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, de temporiser.

Cédric Thellier, économiste chez Natixis, considère ainsi que les chiffres de l'inflation en zone euro "réduisent clairement la probabilité d'une baisse des taux".

Une question de perspective

Mais plusieurs économistes arguent que la BCE pourrait prendre des mesures. Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole, indique que l'inflation en zone euro au mois de février "a accru les risques" de voir la BCE retarder son action. "Ce qui importe à la BCE est la perspective à moyen terme de la stabilité des prix et les risques liés", explique-t-il.

"Il ne faut pas accorder une importance démesurée à un indicateur sur un mois. La grande question pour la BCE n'est pas de savoir ce qui s'est passé sur un mois, mais comment évolue la trajectoire de l'inflation à l'horizon 2016", corrobore Benoît Heitz, économiste chez Société Générale.

Vers une baisse des taux?

Frederik Ducrozet considère par ailleurs que "la BCE va devoir donner au marché 'quelque chose' pour éviter une trop grosse déception". Il anticipe ainsi une très légère baisse du taux directeur de l'institution qui passerait ainsi de 0,25% à 0,15%.

"Nous nous attendons toujours à ce que la BCE baisse ses taux jeudi, étant donné que les risques déflationnistes n'ont pas diminué. En fait, ils sont susceptibles d'avoir été amplifiés par l'euro fort, abonde,de son côté Jessica Hinds, économiste chez Capital Economics.

D'autres mesures?

Benoît Heitz évoque les autres recours de la BCE."Les taux sont déjà plus bas que terre. L'autre question est donc de savoir si les risques de déflation sont suffisamment élevés pour pousser la BCE à se montrer encore plus novatrice dans ses mesures".

Sur ce dernier point, le Fonds monétaire international (FMI), par la voix de sa directrice générale Christine Lagarde, a évalué, ce lundi, entre 15 et 20% le risque qu'une déflation se produise en zone euro.

En dehors de la baisse des taux, les instruments disponibles sont nombreux : passage du taux de dépôts en territoire négatif, achat de dette souveraine, nouveau LTRO …"Mais il faut savoir que tout mesure non conventionnelle a ses effets secondaires avec des écueils techniques et politiques", prévient Benoît Heitz.

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Julien Marion