BFM Business

La BCE va maintenir ses taux bas "aussi longtemps que nécessaire"

Mario Draghi va se lancer dans une vaste manoeuvre visant à apaiser les inquiétudes des marchés.

Mario Draghi va se lancer dans une vaste manoeuvre visant à apaiser les inquiétudes des marchés. - -

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne a affirmé, ce jeudi 4 juillet, que son institution allait maintenir ses taux bas, voir les diminuer encore, créant, une nouvelle fois, l'euphorie sur les marchés.

Mario Draghi s'est livré à un exercice de communication en règle, ce mercredi 4 juillet. Les marchés s'attendaient un discours rassurant de la part du président de la Banque centrale européenne, lors de sa conférence mensuelle. Ils ont eu bien plus.

Mario Draghi a d'emblée affirmé, que "la politique monétaire de l'institution européenne restera accommodante aussi longtemps qu'il le faudra".

Surtout, le président de la Banque centrale européenne a déclaré que "les principaux taux de la BCE resteront soit à leur niveau, soit à des niveaux inférieurs, pour une période prolongée". Habilement, Mario Draghi a évité de préciser ce qu'il voulait dire par "une période prolongée". Il a juste ajouté que la sortie des taux bas était "très lointaine".

La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre: l'euro a dégringolé, et le CAC40 a bondi de plus 2%, après les propos de Mario Draghi. "La déclaration sur les taux bas nous a surpris", a reconnu Nicolas Chéron de Daily FX, interviewé dans l'émission Intégrale Bourse sur BFM Business.

"Le beau temps revient, même à la BCE", a plaisanté Olivier de Berranger, gérant chez la Financière de l'échiquier, dans la même émission.

0,5% "pas un taux plancher"

Ces déclarations écartent donc la perspective d'une hausse de taux, et laisse ouvert la porte à une future baisse de taux. D'autant que Mario Draghi a ensuite bien précisé, en répondant aux journalistes, que le taux de 0,5% -le niveau actuel du principal taux directeur de la BCE- "n'est pas un taux plancher".

Néanmoins, la BCE a, pour le moment, décidé de maintenir inchangés ses taux, pour ce mois de juillet.

"La décision s'explique par la faiblesse de l'économie, ainsi que par des perspectives d'inflation modérées", a-t-il détaillé, précisant que cette décision avait été unanime au sein du conseil des gouverneurs de la BCE.

Concernant les perspectives économiques, il a assuré voir le retour de la croissance pour la fin de l'année. Selon lui, les indicateurs montrent que la dégradation de l'économie "ralentit", sans pour autant que l'économie rebondisse.

Le Portugal est "entre des mains sûres"

Mario Draghi a ensuite répondu aux journalistes concernant la situation du Portugal, un pays où la perspective d'une crise politique a sévèrement secoué les marchés, mercredi.

Le président de la BCE a estimé que le pays "est entre de bonne mains". "La trajectoire [budgétaire] a été douloureuse, mais le Portugal est arrivé à des résultats méritoires. Et je crois que nous devrions rendre hommage au gouvernement portugais", a-t-il salué. Au passage, il a adressé un satisfecit à l'ancien ministre des Finances portugais, Vitor Gaspar, considéré comme le champion de l'austérité.

Au final, Mario Draghi a une nouvelle fois réussi sa mission: doper les marchés par de simples paroles, sans passer aux actes. "C'est un sans faute", résume Nicolas Chéron de Daily FX.

Julien Marion