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La BCE piégée par l'inflation?

Mario Dragi sera une fois de plus au centre de l'attention des marchés ce 6 février

Mario Dragi sera une fois de plus au centre de l'attention des marchés ce 6 février - -

L'institution européenne tient, ce jeudi 6 février, sa conférence mensuelle. La faible inflation en zone euro et la volatilité des taux du marché monétaire pourraient la contraindre à abaisser ses taux directeurs.

La Banque centrale européenne risque de ne plus pouvoir temporiser bien longtemps. L'institution tient, ce jeudi 6 février, sa conférence mensuelle.

Lors de sa précédente réunion, son président Mario Draghi avait, en effet, assuré que la BCE était "prête à prendre des actions supplémentaires". Il citait deux facteurs susceptibles de pousser son institution à agir: l'inflation et un resserrement du marché monétaire, c’est-à-dire le marché des titres de court terme.

Désormais, "la BCE a besoin de passer des paroles aux actes", juge dans une note, Jonathan Loynes, économiste chez Capital Economics.

La menace inflationniste

Vendredi 31 janvier, Eurostat a publié une inflation de 0,7% au mois de janvier pour la zone euro, très loin des 2% que vise la banque centrale. La dernière fois que la hausse des prix avait atteint un niveau aussi faible, la BCE avait choisi de baisser son taux de refinancement, qui était passé de 0,50% à 0,25%.

Toutefois la situation est un peu différente. "Cette fois la baisse (de l'inflation, ndlr) est essentiellement causée par des effets de base liés aux prix de l'énergie, qui devraient se renverser au cours des prochains mois", écrit dans une note Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas.

Néanmoins, il ajoute: "clairement, la BCE est en train de rater son objectif" et s'attend ainsi à ce qu'une baisse des taux soit à l'ordre du jour.

Une décision en mars?

Pour Johannes Gareis et Cédric Thellier, de Natixis, "le scénario de base de la BCE d’une inflation moyenne à 1,1% sur 2014 ne semble pas sensiblement remis en cause". En conséquence, ces deux économistes estiment qu'"il est probable que Mario Draghi essaye de temporiser [ce jeudi]".

Jonathan Loynes voit, lui, la baisse des taux se profiler davantage en mars. Il table sur une diminution de 0,1% du taux de refinancement, actuellement à 0,25%.

L'autre variable pouvant faire infléchir la BCE est la volatilité des taux du marché monétaire, en particulier de l'Eonia, un taux qui concrètement indique à combien les banques se prêtent entre elles au jour le jour. Clemente de Lucia considère qu'une baisse des taux pourrait calmer le jeu.

Julien Marion