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L'Argentine fait peur aux marchés

Le gouvernement argentin a décidé de lever la restriction à l'achat de dollars

Le gouvernement argentin a décidé de lever la restriction à l'achat de dollars - -

Depuis vendredi, les Bourses dévissent. Ce lundi 27 janvier, celle de Tokyo a perdu 2,51%. La situation de l'Argentine inquiète les investisseurs qui craignent au delà une fuite des capitaux des pays émergents.

Les marchés sont inquiets. Ce lundi 27 janvier, la Bourse de Tokyo a cédé 2,51%. Dans la matinée, le CAC 40 perd 0,4%, vendredi soir, il reculait de 2,79%.

Les investisseurs s'inquiètent particulièrement pour les pays émergents. Certains redoutent une fuite des capitaux après la décision de la banque centrale américaine (Fed) de légèrement réduire l'ampleur de son programme de soutien exceptionnel à l'économie.

Les liquidités déversées par la Fed dans les circuits ces derniers mois ont soutenu l'activité dans les pays émergents. Aussi un retour de bâton est-il redouté.

La semaine dernière, ces inquiétudes ont redoublé à cause de la publication en Chine d'un indicateur faisant état d'un recul de la production manufacturière en janvier. En Turquie et en Argentine, les monnaies locales ont de surcroît été attaquées ces derniers jours.

En Turquie, une réunion d'urgence est prévue ce lundi à la Banque centrale turque.

Le rouble poursuivait lundi sa chute, après avoir déjà atteint vendredi le niveau le plus bas de son histoire face à l'euro, dans un contexte d'inquiétudes grandissantes sur la situation économique des pays émergents.

Vers la mi-journée, le rouble s'échangeait à 47,54 roubles pour un euro. Vendredi, la monnaie russe avait largement dépassé le seuil des 47 roubles pour un euro, battant son record historique établi en février 2009.

Le cas argentin

L'Argentine s'est depuis 10 ans tenue à distance des institutions financières internationales, mais la présidente Cristina Kirchner a remisé ses idéaux tenaces et fait preuve de pragmatisme.

Au pouvoir depuis 2007, la présidente de centre gauche avait juré qu'elle ne dévaluerait jamais. Mais elle a laissé flotter la monnaie qui s'est brusquement dépréciée de 14% en deux jours, après une multitude de micro-dévaluations depuis un an (24% sur 2013). "Tant que je serai présidente, ceux qui veulent s'enrichir avec la dévaluation dont le peuple devrait payer la facture vont devoir attendre un autre gouvernement", avait dit Cristina Kirchner, dont le mandat s'achève en 2015.

Face à cette dépréciation, le gouvernement argentin a décidé, vendredi dernier, de lever la restriction à l'achat de dollars, une mesure extrêmement impopulaire qui a mécontenté les Argentins, habitués depuis 40 ans à épargner en devises.

La flexibilisation de l'accès aux devises en Argentine, qui doit entrer en vigueur ce lundi, est destinée à favoriser avant tout les petits épargnants, a prévenu, dimanche, le ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof. Le chef du gouvernement, Jorge Capitanich, précise ce 27 janvier, les détails d'application de la mesure. L'achat de devises est limité à 2.000 dollars mensuels. L'octroi de devises sera soumis à l'autorisation de l'administration fiscale et se fera en fonction de revenus déclarés.

Une mesure complémentaire destinant à éviter l'évasion de devises taxera temporairement à hauteur de 20% les achats de devises qui ne seront pas versées sur des comptes d'épargne dans le secteur bancaire argentin.

Diane Lacaze