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Jean-Paul Chifflet: "si nous ne voulions pas faire de crédit, nous augmenterions les taux"

Jean-Paul Chifflet rappelle que, lorsque la Banque publique d'investissement dispose de 42 milliards à prêter aux entreprises, les banques françaises portent 1.950 milliards d'euros d'encours.

Jean-Paul Chifflet rappelle que, lorsque la Banque publique d'investissement dispose de 42 milliards à prêter aux entreprises, les banques françaises portent 1.950 milliards d'euros d'encours. - -

Le président de la Fédération bancaire française et directeur général du Crédit Agricole, invité de BFM Business ce 13 mars, a réaffirmé la bonne volonté des banques à financer l’économie réelle.

"Les entreprises françaises manquent de compétitivité et sont endettées". Voilà ce qui explique, selon Jean-Paul Chifflet, les problèmes de trésorerie des sociétés françaises. Mais le président de la Fédération bancaire française (FBF) réfute l’idée que les établissements financiers aient resserré les cordons de la Bourse. "N’accusons pas les banquiers de ne pas vouloir financer les entreprises, s’insurge-t-il. Si nous ne voulions pas faire de crédit, nous augmenterions les taux".

Dans le Grand Journal de BFM Business, ce 13 mars, le directeur général du Crédit agricole estime que si le crédit aux entreprises baisse, c’est en fait le résultat d’une forme d’autocensure. "Quand elles regardent leurs comptes, elles se disent que, si elles vont plus loin, ça ne va plus passer", assure Jean-Paul Chifflet.

"Notre métier est de faire du crédit. Plus nous faisons du crédit, plus nous touchons d’intérêts, mieux nous nous portons", martèle-t-il. Même si bien sûr, la banque n’accorde pas de prêts les yeux fermés. "Nous devons croire en la capacité de l’entreprise à rembourser", tempère le président de la FBF.

Les banques françaises portent 1.950 milliards d'euros de crédit

Pour remettre les idées en place, Jean-Paul Chifflet souligne que "les encours de crédit portés par les banques en France, c’est 1.950 milliards". Par comparaison, la Banque publique d’investissement, mise en place en février, apporte 42 milliards. "C’est significatif, mais relativement modeste", pour le patron du Crédit agricole.

A propos de la banque verte justement, qui a publié une perte nette record au titre de 2012, Jean-Paul Chifflet s’est refusé à détailler les restructurations envisagées. Interrogé sur d’éventuelles fermetures d’agences, il souligne qu’il y en a "toujours eu, et il continuera d’y en avoir", mais pas forcément plus.

En tous cas, Jean-Paul Chifflet assure que le modèle du tout internet n’est pas un objectif que sa banque poursuit. Il estime en effet que les clients veulent les deux: accès à la banque par internet, et possibilité de rencontrer un conseiller sur les dossiers pointus qui nécessitent de l’expertise.

N.G. et BFM Business