BFM Business

HSBC va supprimer jusqu'à 25.000 postes, mais aucun en France

La banque britannique s'apprête à se délester de près de 10% de ses effectifs dans le monde, soit jusqu'à 25.000 emplois. Selon nos informations, les 10.000 salariés français ne sont pas concernés.

La banque annonce un vaste plan de réduction des coûts, ce 9 juin. Une réorganisation qui passe par la cession de ses opérations au Brésil et en Turquie au bénéfice de l'Asie, pour économiser jusqu'à 5 milliards de dollars d'ici 2017. Elle évoque surtout la suppression d'environ 10% de ses effectifs, soit entre 22.000 et 25.000 emplois sur 266.000 eu total, ce mardi. Les 10.000 salariés des 350 agences de la filiale dans l'Hexagone ne sont pas concernés par cette restructuration, laisse entendre une source proche du dossier. 

Reste que le dégraissage sera largement plus important que ce que laissaient présager les rumeurs de ces derniers jours. La presse britannique avançait en effet une fourchette comprise entre 10.000 et 20.000 emplois.

Un poste sur six supprimé en Grande-Bretagne

HSBC compte supprimer notamment 7.000 à 8.000 postes au Royaume-Uni, soit environ un poste sur six. Mais le directeur général, Stuart Gulliver, promet qu'il s'agira intégralement de départs naturels. Le groupe, qui doit scinder son activité de détail et de marché dans le pays pour se conformer à la nouvelle réglementation britannique, prévoit à ce titre de changer le nom de sa branche détail. "Nous n'avons pas encore décidé ce que ce sera, nous allons d'abord consulter la clientèle et le personnel pendant les prochains mois", a précisé Stuart Gulliver, lors d'une présentation aux investisseurs ce 9 juin.

HSBC indique en outre dans une note transmise à la Bourse de Hong Kong qu'elle souhaite procéder à "un redéploiement de ses ressources". Le géant britannique "veut vendre ses opérations en Turquie et au Brésil" tout en maintenant dans ce dernier pays "une présence" pour ses clients institutionnels. HSBC entend parallèlement "accélérer ses investissements en Asie", en particulier dans le sud de la Chine et l'Asie du Sud-Est "pour capter des opportunités de croissance future et s'adapter aux évolutions structurelles" du marché bancaire, a souligné le groupe.

Très touchée par le scandale Swissleaks

HSBC "vise des réductions de coûts de 4,5 à 5 milliards de dollars par an d'ici 2017", alors que cette restructuration devrait coûter à la banque entre 4 et 4,5 milliards de dollars pendant cette période. 

La banque parmi les cinq plus grosses du monde a dû réagir après les énormes difficultés qu'elle a traversées ces derniers mois, au premier rang desquelles le scandale Swissleaks. La révélation de cette énorme affaire de fraude fiscale par Le Monde et une soixantaine de médias internationaux a provoqué la multiplication des procédures judiciaires à l'encontre d'HSBC dans plusieurs pays.

Le quotidien estime que la banque, qui a multiplié les acquisitions mondiales jusqu'à 2007, souffre aujourd'hui de son gigantisme, qui l'a empêché notamment de se conformer aux nouvelles régulations et à assurer le contrôle de toutes ses branches. Il rappelle que la banque est ainsi citée dans toutes les affaires de malversations ces derniers temps, des manipulations des taux au "blanchiment d'argent de la fraude fiscale ou de la drogue". Le Monde rappelle en outre que ce plan serait le deuxième en quatre ans, après une réduction d'effectifs de 50.000 employés entre 2011 et 2013, et la vente de plusieurs dizaines de filiales.

N.G.