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Groupama poursuit sa stratégie de redressement

Groupama relève peu à peu la tête après des années 2012 et 2013 noires.

Groupama relève peu à peu la tête après des années 2012 et 2013 noires. - -

L'assureur mutualiste a annoncé, ce mardi 13 août, qu'il a réussi l'opération de placement visant à solder les 2% qui lui restait dans le capital de Société Générale. Une opération qui lui permet de se renforcer pour sortir la tête de l'eau.

Groupama poursuit ses cessions. L'assureur mutualiste a lancé, lundi 12 août, une opération de placement réservée à des investisseurs institutionnels, qui devait lui permettre de se délester des 1,9% qu'il détenait encore dans le capital de Société Générale.

Ce mardi 13 août, Groupama a annoncé que cette opération "a été un succès", et que le produit de ce placement, qui représente quelques 14.800 actions, s'est élevé à 517 millions d'euros.

Le but pour Groupama: renforcer ses marges de manœuvre financières et réduire son exposition au risque pour poursuivre son redressement. Depuis la fin 2011, le groupe se restructure en profondeur. D'ailleurs, l'assureur commence à peine à récolter les fruits de ce virage: au premier semestre 2013, il a renoué avec les bénéfices (187 millions d'euros) après avoir enchaîné des exercices 2011 et 2012 largement déficitaires.

1,8 milliard de pertes en 2011

En 2011, la perte du groupe avait même atteint 1,8 milliard d'euros, sanctionnant la forte exposition de l'assureur à la dette grecque ainsi qu'aux actions, alors que les marchés financiers avaient été violemment secoués par la crise de l'euro. Groupama, avait dû renoncer à s'introduire en Bourse, un souhait exprimé de longue date par son ancien directeur général, Jean Azéma.

C'est également à la suite de cette lourde perte que le groupe lance son plan de redressement qui consiste essentiellement en des économies de 400 millions d'euros à l'horizon 2014 ainsi que des cessions d'actifs.

A l'époque le nouveau patron du groupe, Thierry Martel affirmait vouloir marquer une rupture avec son prédécesseur. "Nous voulons passer d'une stratégie de taille à une stratégie de performance", déclarait-il, début 2012, au Figaro.

Près de 800 suppressions de postes en deux ans

Cette stratégie de performance a un coût. Depuis la mi-2011, l'assureur mutualiste a lancé cinq plans de départs volontaires, comme le rappelle l'Agefi, pour un total, à mai 2013, de près de 800 suppressions de postes.

Concernant les cessions d'actifs, le groupe s'est délesté de la branche d'assurance-dommage de sa filiale Gan Eurocourtage, revendues à Allianz. Il s'est également désengagé de certaines activités en Pologne et en Espagne.

Ce régime drastique commence à convaincre. En mars dernier, l'agence de notation Fitch, qui avait dégradé la note de Groupama en octobre 2012, a décidé de revoir sa copie, sortant par la même l'assureur "de la catégorie spéculative". L'agence expliquait alors que les efforts de la direction du groupe ont permis de renforcer la solvabilité financière de l'assureur.

Julien Marion