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Frédéric Oudéa assure que le système bancaire "saura gérer cette crise" du coronavirus

Le directeur général de Société Générale, et président de la Fédération bancaire française, était invité sur BFM Business pour revenir sur la violente crise qui secoue l'économie mondiale

Faut-il s'inquiéter d'un risque systémique de la crise pour les banques? Alors que les taux bas ont affaibli les groupes bancaires ces derniers mois, la crise du coronavirus affecte évidemment tout le système. Société Générale était d'ailleurs la première grande banque française à annoncer ses résultats, la semaine dernière. Des résultats dans le rouge pour le premier trimestre de la banque.

De là à s'inquiéter pour tout le système bancaire? "Non" tranche ce lundi Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale, et président de la Fédération bancaire française (FBF), sur BFM Business. "Parce que les banques entrent dans cette crise avec énormément de réserves" assure-t-il.

"Ce qui est vrai, c'est que toutes les banques auront un coût du risque plus élevé à cause de la crise économique. Mais les banques centrales et les gouvernements sont à l'action et le système bancaire est entré dans cette crise beaucoup plus solide qu'en 2008-2009, où le problème venait de lui" explique-t-il.

"Les banques font partie de la solution"

La crise de 2008 a ainsi incité l'Union européenne à mettre en place un mécanisme de surveillance unique, premier pilier de l'union bancaire. Il permet de surveiller les banques européennes et d'organiser des stress tests pour vérifier leur solidité. En 2017, l'UE a ainsi anticipé les difficultés de la banque espagnole Banco Popular en organisant sa vente à sa compatriote Banco Santander.

"Aujourd'hui, les banques font partie de la solution et donc je pense que l'on saura gérer cette crise. Mais elle est sérieuse évidemment par l'ampleur des secteurs touchés, des pays touchés" poursuit Frédéric Oudéa.

"Et maintenant, ce qu'il faut faire le plus vite possible, c'est faire repartir l'économie, en assurant la sécurité, bien-sûr, des collaborateurs au travail. Mais il faut que les économies repartent parce que le coût de cette crise va être très élevé" souligne le patron. Le redémarrage, ce sera le 11 mai, date du début du déconfinement. Si tout va bien. 

Thomas Leroy