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Fabius: le montant de l'amende de BNP Paribas pose "un grave problème"

Laurent Fabius étudie l'amende de BNP Paribas.

Laurent Fabius étudie l'amende de BNP Paribas. - -

Le ministre des Affaires étrangères a estimé ce 3 juin que le montant de l'amende qui serait réclamé à la banque française n'est pas raisonnable. Il est le premier responsable français à le dire ouvertement.

Le montant de 10 milliards de dollars évoqué pour l'amende dont les autorités américaines menacent BNP Paribas "n'est pas raisonnable" et pose un "grave problème", a déclaré ce mardi 3 juin le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Sur France 2, le ministre qui est le premier responsable gouvernemental à s'exprimer officiellement sur le sujet a estimé que "s'il y a eu une faute ou une infraction, il est normal qu'il y ait une sanction. La sanction doit être proportionné et raisonnable. Ces chiffres-là ne sont pas raisonnables".

Laurent Fabius a ajouté : " là, vous auriez l'exemple d'une décision injuste et unilatérale. Ça serait un très sérieux et même grave problème".

Prié de dire si le gouvernement allait défendre les intérêts du premier groupe bancaire français auprès des autorités américaines, le chef de la diplomatie a répondu : "Oui, bien sûr, bien sûr."

Laurent Fabius a souligné que ce contentieux coïncidait avec les discussions entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur leur futur partenariat commercial transatlantique et que, dans ce cadre, Washington enverrait un très mauvais signal en infligeant à BNP une sanction aussi dure.

"Là, vous auriez l'exemple d'une décision injuste et unilatérale. Ça serait un très sérieux et même grave problème", a jugé Laurent Fabius.

Selon lui, l'amende pourrait avoir un effet dévastateur pour l'économie française si les montants évoqués étaient confirmés.

"Ces chiffres (...) pourraient avoir un rôle d'entraînement négatif considérable et si Paribas voyait ses capitaux imputés, ça veut dire moins de prêts notamment pour des entreprises françaises", a-t-il dit.

"C'est une question extrêmement sérieuse qui doit être traitée par les Américains dans un esprit de partenariat et non pas dans un aspect d'unilatéralisme."

Répercussions terribles

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer s'est rendu la semaine dernière à New York pour y plaider la cause de BNP Paribas, affirme ce mardi le quotidien New York Times. Il a fait valoir que les sanctions envisagées pourraient avoir des répercussions terribles, non seulement pour la plus grande banque française par la capitalisation, mais aussi pour le système financier dans son ensemble.

Christian Noyer était accompagné du nouveau régulateur français des banques, Édouard Fernandez-Bollo, qui dirige depuis le début de l'année l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Edouard Fernandez-Bollo s'était déjà rendu à New York la semaine précédente, sans pouvoir ébranler ses interlocuteurs, selon le New York Times.

Selon le journal, les autorités françaises sont mobilisées sur le dossier BNP Paribas et le sujet aurait même été mentionné par le président François Hollande auprès de la Maison Blanche.

P.C avec agences